ENCORE LE ZAMBÈZE
Quand le grand voyageur missionnaire David Livingstone explorait, vers 1860, des régions encore inconnues près du Zambèze1, et demandait à des indigènes comment s’appelaient les montagnes bornant l’horizon, on lui répondait qu’elles étaient trop éloignées pour qu’on en connût les noms !
Aujourd’hui, sur les bords du Zambèze, qu’on nomme tour à tour Liambai, Louambéji, Ambési, Ojimbési, Z ambési, c’est-à-dire la grande rivière ou le fleuve par excellence — suivant les dialectes employés sur ses bords, — nos cœurs suivent par
1. Le Zambèze fut visité pour la première fois par Livingstone, qui arriva à Sécheké en juin 1851.
An Sud de l’ Afrique.
la pensée les vaillants et les forts qui sont là-bas les sentinelles avancées de l’armée du Roi des rois. . .
LA MOUCHE TSÉTSÉ
L’œuvre missionnaire, qui a été fondée il y a douze ans, avance très lentement et se poursuit au milieu de difficultés de toutes sortes sans cesse renaissantes.
Tout semble être contre l’œuvre missionnaire : le climat, la distance, la solitude, les animaux sauvages et jusqu’aux fourmis, sans oublier une mouche de vulgaire apparence1, la « tsétsé », dont la
1. La gravure ci-jointe est tirée du volume de D. Livingstone, intitulé :
A propos d’un peigne.
piqûre est une cause de mort pour le bœuf et le cheval. Enfin, les Barotsis, leurs chefs en tête, font à peu près tout ce qu’ils peuvent pour l’entraver.
Mais, comme le dit un poète aime 1 :
... Nul peuple, pas même une tribu sauvage,
Non, pas un être humain n’est maudit devant Dieu.
et déjà la mission et la civilisation font quelques progrès sur les bords du Zambèze.
Lewanika, le roi des Barotsis, que le vénéré fondateur de la mission, M. Coillard, nous montrait il y a quelques années2 en costume de sauvage, s’habille maintenant à l’européenne, ainsi que sa sœur la reine Mokuaé.
Naturellement, beaucoup d’indigènes
Explorations dans l’intérieur de l’Afrique australe. Hachette, éditeur. La mouche de gauche est de grandeur naturelle.