L'UTÉRUS
1° Col de l'utérus. — Rien de spécial à signaler. Les principes généraux que nous avons énoncés s'appliquent particulièrement bien au col de l’utérus (1). :
À part l'infection aiguë de la région, il n'y a pas de contre-indication à la biopsie. L’utérus n’est pas un organe que l’on peut enlever sans qu’un diagnostic certain ait été établi et de plus, le cancer du col pouvant être justiciable de la curiethérapie, la biopsie est indispensable lorsqu'on se propose d’appliquer ce traitement.
2° Corps de l'utérus. — La technique de la biopsie est tout à fait différente : c’est par un curettage explorateur que l’on prélèvera les fragments de la muqueuse destinés à être examinés. ; - Mais il y a un point sur lequel nous voulons insister d’une façon toute spéciale : pour qu'un curettage explorateur ait de la valeur, il doit être total. Il est impossible de déterminer eliniquement le siège d'une petite lésion siégeant au niveau de la muqueuse utérine, aussi ne faut-il pas se borner à donner au hasard deux ou trois coups de curette pour ramener quelques débris. Un chirurgien améri-
(1) Nous nous sommes d’ailleurs inspiré pour la rédaction du précédent chapitre du récent article de M. Rubens-Duval : « De la biopsie du col utérin suspect de cancer », in Paris Chirurgical, 1921, not:
re
cain (1) donne le conseil suivant : « Chez une fem- « me qui approche de la ménopause, toute augmen- « tation de l'hémorragie menstruelle nécessite un
« examen très soigneux et même une biopsie après
« prélèvement d’un fragment au niveau du col et du fond de l'utérus ». Le prélèvement d'un fragment au fond de l'utérus est une mauvaise methode : il est actuellement démontré qu'au début de l’évolution d’un cancer du corps, seul une petite région de la muqueuse est le siège de l’évolution cancéreuse. ;
W. À. Michine (2) (d'Odessa) a entrepris un travail pour étudier la muqueuse utérine du corps en cas de cancer et rechercher si les endroits en apparence sains à l'œil nu, l’étaient aussi au microscope, ou bien s’il existait en ces zones des lésions précancéreuses pouvant faire penser qu'un néoplasme est en évolution dans le voisinage. Ses recherches ont porté sur onze utérus cancéreux ; les lésions de la muqueuse constatées aux points macroscopiquement intacts furent :
Trois fois, atrophie sénile.
Une fois, absence de l’épithélium de revêtement par suite de curettage.
Trois fois, desquamation plus ou moins étendue,
Quatre fois, lésions inflammatoires banales.
(1) KAMPERMANN, — The American Journal of Obstetrics and Diseas of Women and Childern, 19 octobre 1912. - @) W. A. Micmne, Roussky Vracht. — 14 juillet 1972.
Et dans tous les cas, il y avait des points où la muqueuse était absolument normale. Quant aux glandes, elles étaient saines ou atteintes de lésions d'endométrite banale.
Donc, dans les cas où l’on soupçonne un cancer, il est indispensable de pratiquer un cureltage COMplet, systématique, de la cavité utérine. 11 faut en outre, examiner toute une série de préparations de la muqueuse si le premier fragment ne montre pas de lésions cancéreuses.
Parmi les débris recueillis, on éliminera ceux qui sont nécrosés. |
Le plus souvent, les débris sont recueillis avec des caillots ; il faut, avant de les fixer, les en dégager. Les fragments enrobés dans du sang coagulé se fixent mal et sont difficiles à inclure, le coagulum sanguin empêche la pénétration du liquide fixateur et des divers produits employés pour l'inclusion ;
les coupes sont alors mauvaises.
Il est commode de recevoir les débris de curettage sur une compresse de gaze qui absorbe le sang liquide et de les dégager des caillots en dilacérant tout doucement ceux-ci, tout en évitant d’écraser les débris prélevés. Il ne faut pas les laisser séjourner longtemps dans la compresse qui absorbe d’abord le sang de la surface, puis tous les liquides de la pièce qui se dessèche. Si la fixation ne peut être immédiate, envelopper les débris dans un tissu imperméable.
Un incident sérieux peut se produire au cours
. Ge d'un curettage explorateur : la perforation de l'uté- TUS. | :
Au niveau d’une lésion cancéreuse se produisent assez fréquemment des phénomènes de nécrose qui rendent la paroi utérine extrêmement friable, de sorte que la curette pourra perforer l'utérus à cet endroit avec une facilité déconcertante. Plusieurs observations d'incidents de ce genre ont été publiées. Nous ne rapporterons qu’une des plus récentes : elle à été communiquée par G. Spehl (de Bruxelles) à la Société belge de Gynécologie et d'Obstétrique (x). :