‹ Au sujet de la maladie osseuse de PagetChapitre 5 sur 15 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Au mois d'avril 1914, en nous adressant à M. le professeur Gangolphe et le priant de vouloir bien nous confier un sujet de thèse, nous étions loin de penser que nos travaux, commencés à la fin de cette année scolaire, seraient brusquement et surtout si longtemps interrompus par la guerre actuelle. Bien plus, qui nous aurait permis de croire, il y a un an, que nous pourrions, tout en restant sur le front, achever ce travail ? Les loisirs que nous laissent pendant ces mois d'hiver la guerre de position et le désir de régulariser notre situation militaire nous ont décidé à reprendre les notes et documents laissés dans des cartons depuis juillet 1914,

Aussi prions-nous MM. les Membres du Jury de nous excuser de leur présenter un travail aussi incomplet, ignorant les cas nouveaux qui ont pu paraître dans les revues médicales, loin des conseils du maître et de la direction sûre qu'il aurait su imprimer à notre modeste ouvrage.

Nous n’avons, d’ailleurs, jamais eu la prétention de refaire une étude complète de la maladie de Paget. Beaucoup d’autres avant nous ont mis au point de façon parfaite la plus grande partie de la question.

L’étiologie de cette maladie a été jusqu'alors très discutée et un grand nombre de théories pathogéniques ont vu le jour. L'une d’elles, grâce peut-être à l’autorité el à la compétence de ceux qui l'ont édifiée, a rallé le plus grand nombre de suffrages. C’est la théorie syphilitique de MM. Lannelongue et Fournier ; c'est elle que nous voulons combattre.

Après avoir brièvement rappelé les arguments donnés en sa faveur, nous nous efforcerons, par des faits d'ordre clinique et par une étude anatomo-pathologique de la maladie de Paget et de la syphilis osseuse, de prouver que l’ostéite déformante ne relève nullement de la syphilis.

En écartant cette théorie, nous n'avons certes pas fait la lumière sur cette importante question de l’étiologie et de pathogénie, et on nous demandera bien certainement quelle est celle que nous avons à proposer ou à soutenir. Mais le choix d'une théorie ne doit pas, à notre avis, être une affaire d'impression ; il doit être raisonné el basé sur des faits que nous n'avons pas eu le temps d'accumuler. Les causes sont probablement multiples et ont été entrevues dans quelques-unes des hypothèses qui nous ont été présentées : mais aucune ne nous a pleinement satisfait.

AUNSUJET

DE LA

Page 1