‹ Au Sujet des Algies dites RhumatismalesChapitre 28 sur 34 · PA DIRE · texte numérisé non relu

PA DIRE

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bien au contraire d’une sensation vraiment pénible, pouvant même se traduire sur la figure du patient par des contractions involontaires, par une expression particulière de fatigue.

La douleur existe en général d'une façon incessante, mais son acuité varie au cours de la journée, d’une façon progressive, rarement sous forme d’élancements brusques ainsi que cela se voit dans les névralgies. Au matin, l'heure du lever est un moment le plus souvent très douloureux, le plus redouté du malade : les premiers mouvements imprimés à la région sensible sont très vivement ressentis. La journée voit d'ordinaire la douleur s'atténuer lentement pour devenir supportable dans la soirée et au moment de se coucher. L'accalmie ne durera guère le plus souvent : après quelques heures de sommeil, si le malade à pu s'endormir, la douleur le réveillera et elle offrira même un caractère d'intensité remarquable : le docteur N. Fiessinger nous signalait le cas d’un malheureux qui s'était levé pour appuyer le long de son radiateur son épaule endolorie. Cette période d’exacerbation nocturne, entraînant une insomnie plus ou moins marquée, manque rarement. Dans ce cas, la douleur peut alors présenter une phase d’exagération à la fin de la journée.

L'examen objectif ne donne que peu de renseignements : localement ou à distance, pas de troubles vasomoteurs, secrétoires ou sensoriels, pas de gonflement ; aucune modification générale non plus : réflexes normaux, pas de troubles trophiques, urines normales, etc.

On constate seulement la gène fonctionnelle créée par

as DO LM

la douleur, variable suivant la région atteinte et une sensibilité plus marquée soit à la palpation, soit à la suite d'un effort, mème léger, distant de la zône douloureuse, tel que la toux, le rire, un baillement violent.

Le siège de la douleur varie d’un individu à l'autre, mais dans aucun cas il ne s'agit de la traduction d'une souffrance ou d'une lésion d'un viscère. Eu

Les membres, en dehors de leur squelette et de leurs parties intra-articulaires, le cou, le tronc surtout, -au niveau de ses parois, sont le plus souvent atteints.

L'algie, spontanée et provoquée, occupe toujours une certaine étendue ; nous voulons dire par là qu'elle n'est jamais punctiforme ni linéaire, elle se développe toujours en surface.

Il est difficile de localiser le plan anatomique particulièrement atteint : le pincement de la peau est quelquefois sensible, la pression profonde l'est davantage, sans qu'il soit possible de déterminer en général un point nettement douloureux. C'est une douleur en masse, uniforme, et on ne saurait attribuer la part qui revient exactement aux filets nerveux cutanés, aux aponévroses, aux üssus fibreux périarticulaires, Les articulations ellesmèmes semblent indemnes. Les muscles, au contraire, paraissent nettement affectés dans la plupart des cas: nous pensons même qu'ils sont les plus atteints, sinon les seuls, avec réaction de voisinage à la peau et aux tissus Sous-Jacents qui peuvent être périarticulaires, si l'algie intéresse une région articulaire. Ainsi les mouvements actifs provoquent aussitôt une douleur nette du muscle correspondant à la région douloureuse, tandis

que les mouvements passifs sont beaucoup moins sensi-

bles et seulement lorsqu'ils atteignent une certaine amplitude.

Le malade évite du reste lui-même les mouvements et

S'immobilise dans la position du repos musculaire le

plus convenable pour la région affectée. Le pincement de

là masse museulaire, la pression des insertions sont le

plus souvent vivement perçus. Un certain nombre de

‘muscles sont frappés avec élection : ceux de la région

scapulaire, le deltoïde et le sus-épineux surtout, le trapèze par son bord supérieur, le grand dorsal, le grand dentelé, la masse sacro-lombaire, Le quadriceps fémoral.

Dans aucun cas nous n'avons remarqué que le phénomène douloureux émigre vers une autre partie de l’individu, simultanément à la douleur initiale (ainsi que cela se voit pour le rhumatisme articulaire aigu). Gelle-ci meurt où elle est née. Il est mêine très rare qu'une autre lui succède soit à la même place, soit ailleurs. Elle disparaît par atténuation progressive.

La durée du processus douloureux est en moyenne de huit à quinze jours, il atteint rarement un mois, évoluant sans aucune complication vers Ja guérison spontanée, si

aucun traitement n'est mis en œuvre...

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