‹ Au sujet des lésions du nerf radial par blessures de guerreChapitre 5 sur 16 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les lésions traumatiques des nerfs périphériques, relativement rares en temps de paix, sont devenues, surtout dans les combats modernes, une complication fréquente des plaies de guerre.

Si, dans les guerres antérieures, le nombre de ces lésions était inférieur comparativement au nombre des blessures des membres, il faut l’attribuer d’abord à une connaissance et à une pratique plus grandes de l’antiseptie qui, en supprimant la septicémie si redoutable autrefois, a permis une chirurgie plus conservatrice ; la petitesse et aussi la force de pénétration des projectiles modernes sont, en second lieu, des raisons qui permettent de saisir la fréquence des lésions nerveuses.

Parmi les lésions des nerfs périphériques, celles intéressant le nerf radial ont, d’après les statistiques établies, un pourcentage plus élevé que celles du médian et du cubital.

C’est ainsi que, sur 70 observations concernant les lésions des nerfs périphériques constatées au Centre spécial de réforme de Montpellier, 27 intéressaient le nerf radial, 12 le nerf sciatique poplité externe et 31 les autres nerfs.

Cette prédominance des lésions du radial tient surtout au trajet suivi par ce nerf qui sort de l’aisselle au niveau de son angle postéro-externe, s'engage dans la gouttière de torsion, la parcourt dans toute son étendue, longe ensuite le bord externe de l’humérus, le contourne d’arrière en avant, perfore l’aponévrose intermusculaire externe et arrive ainsi au pli du coude où il se bifurque en deux branches terminales de volume inégal et de fonctions différentes ;

l’une antérieure, sensitive ; l’autre postérieure, mo-

trice, assez facilement atteinte par les projectiles. Ce trajet externe suivi par le radial et ses branches, trajet mis à découvert dans la position du tireur, parait être une explication rationnelle de sa plus grande vulnérabilité. Il nous suffira d’ajouter que les rapports de ce nerf avec l’humérus sont, en cas de fracture de cet os, des facteurs très importants à considérer dans la fréquence des lésions du radial. - Généralement, il est seul lésé; l'association des lésions © médian-radial » est rare ; celle « radialcubital » est tout à fait exceptionnelle. | Enfin, consécutivement aux blessures de la région

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4 l’aisselle, il peut se produire des DRE de cer- taines racines du radial donnant, au point de vue cli-

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ÉTIOLOGIE

Les lésions radiales sont le plus souvent causées par des balles de fusil ou de mitrailleuse, assez rarement par des éclats d’obus, soit que le nerf soit directement atteint par le projectile, ou secondairement par leë fragments osseux détachés. Dans le cas de lésion nerveuse avec fracture, il est difficile de faire exactement la part de ce qui doit être attribué au projectile et aux fragments osseux.

Les divers agents vulnérants précités peuvent d’ailleurs produire sur le nerf des lésions plus ou moins graves, allant depuis la simple « stupeur » jusqu’à la «section » complète. Le nerf radial peut être aussi comprimé, Soit primitivement par un épanchement sanguin, soit secondairement par un cal osseux (gouttière de torsion). Ces cas de compression secondaire sont de beaucoup les plus nombreux et les plus importants.

Uitons encore une cause assez fréquente de paralysie radiale et de névrite, résidant dans l'englobement secondaire du nerf dans un tissu cicatriciel péritronculaire.

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Il faut noter enfin que, dans les cas de simple stupeur, la restauration des fonctions motrice et sensitive ne tarde ordinairement pas à se produire.

Si nous étudions maintenant le siège des lésions radiales, nous observons que les plus fréquentes sont situées au niveau du tiers inférieur du bras, à l'endroit où le nerf se dégage de la gouttière de torsion; viennent ensuite celles de la branche postérieure, au niveau du tiers supérieur de l’avant-bras; enfin celles, correspondant au trajet du nerf dans la gouttière humérale, et celles de la branche antérieure.

Le mécanisme de ces lésions est facile à saisir et nous ne nous y arrêterons que très peu. Toutes les causes étudiées plus haut agissent, plus ou moms d’ailleurs, selon le siège de la lésion, et toutes les fois qu’il s’agit soit de section ou hémisection, soit de perforation du nerf, le point de départ est assez aisé à comprendre ; il est plus difficile dans les cas de compression, ou englobement du nerf dans du tissu de sclérose. Certains prétendent expliquer ces lésions par la contusion diffuse du névrilème, mais cette hypothèse ne pouvant convenir à tous les cas, nous ne nous y arrêterons pas davantage.

| SYMPTOMATOLOGIE

Nous nous bornerons à retracer rapidement le tableau clinique des traumatismes du nerf radial, en insistant sur quelques points particuliers que l’observation des blessés de guerre a permis de mettre récemment en lumière. |

L’état de « shock » du blessé, et souvent aussi les lésions osseuses ou vasculaires concomitantes, rendent difficile l’étude des symptômes immédiats. La douleur au point lésé s’irradiant en suivant le trajet du nerf est, au début, un bon signe de blessure nerveuse; elle est cependant peu marquée, en général, dans les blessures par balle, et peut même manquer dans le cas de section complète ; beaucoup de nos blessés ne la signalent pas et, pour eux, la sensation douloureuse produite par l'atteinte du nerf se confond avec celle de la blessure.

Les troubles de la sensibilité, si variables soient ils, peuvent se résumer ainsi :

a) Troubles de la sensibilité subjective ;

b) Troubles de la sensibilité objective.

Les blessés accusent des sensations de froid, de

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