‹ Au temps des PharaonsChapitre 62 sur 87 · Chap. aLxii · texte numérisé non relu

Chap. aLxii

S. Chap. cxLvin.

les dieux n'étaient pas encore nés, il n'y avait pas encore de mort^ ». Dans l'eau flottait l'Esprit du dieu primitif, Toum; il portait en lui la force, génératrice des êtres et des choses. Toum passa de l'inertie à l'action en émettant une parole : « Viens à moi* », cria-t-il; et Toum, se dédoublant, créa le soleil Râ. Toum et Râ sont-ils donc père et fils? Non point; à eux deux, ils forment une seule personne, a car le dieu est une monade indivisible qui porte en soi la force créatrice de sa propre existence' ». Somme toute, au début des temps résonna le Verbe créateur, et la Lumière fut. On était d'accord, entre théologiens, sur le fond de la doctrineT mais, selon les villes, le nom du créateur changeait : c'est à Osiris que les prêtres d'Abydos attribuaient le « Viens à moi », prélude de la création, dont le clergé d'Héliopolis faisait honneur à Toum. Pour le peuple, le difficile fut de comprendre comment la lumière pouvait exister, à l'état inerte, dans l'eau du Noun, sans que cette eau éteignit le feu. On résolut la difficulté par des allégories. Râ dans le Noun était un faucon qui ferme les deux yeux ; s'il les ouvre, le soleil brille ; ou bien c'est un enfant caché dans un lotus; quand le lotus émerge, le soleil en sort.

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