‹ Au temps des PharaonsChapitre 78 sur 87 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

AU Tt:MrS DES PHARAONS ^^^^H

cien invoque un dieu ou un esprit : « Viens, eaprit vénérable... >; puis il énonce le tcbu à réaliser : c A^s pour moi sur tel ou tel,... éveille pour moi tel ou tel,... dirige son cœur vers une telle ou un tel... > 11 d<?clare ensuite : « Je t'invoque en ton nom véritable ■; suit une litanie do noms magiques composés le plus souvent de syllabes incoin préhensiblee, Entîn, après une dcclaralion destinée à ellrayer le dieu ou le génie invoqué (« car Je suis le taureau, cai je suis le lion, je suis la tète vénérable du seigneur d'Abydos s), le magicien donne une recette pratique : prononcer la formule sur une image d'Osiria, d'Anubis; composer un breuvage, une mixture ou une pommade avec des herbages, de l'encens, du blé, sur lesquels on verse du sang que le patient tire de lui-même, ou auxquels on mêle des parcelles de cadavre'. Parfois une figurine est mentionnée', elle semble faite à l'image de celui auquel la conjuration est destinée et la formule, dite sur la figurine, enverra à son modèle des songes amoureux ou menaçants, l'endormira ou lui enlèvera le sommeil, lui donnera la santé ou la mort, lui inspi rera l'amour ou la haine.

1. G. Maapero, Mémoire sur qaetquet papyrus du Louore, p. ISS et suiv. ; OD y peut tire divera ■ chapitres d'envoyer des soDges ■ ; cf. les tabettx devotionU trouvées à Hadrumète, dontlea mcantalions, rédigées à l'époque romaine, sont presque entièrement empruntées aux rituels magiques égyptiens (G. Maspero, Élaia de Mythologie, II, p. 29S aqq.).

2, Papyrus du Louvre, p. 117, 118, 120.

De telles formules supposent la pratique de Yenvoûtement, puisqu'elles mentionnent parfois des figurines qui reçoivent le choc direct des conjurations. Nous connaissons en effet des cas précis d'envoûtement dirigé contre les dieux et les hommes. Le papyrus de Nesiamsou contient une conjuration pour aider le dieu Râ dans sa lutte quotidienne contre Apophis, l'esprit du mal. On fabriquait une statuette en cire au nom d' Apophis sous forme de crocodile. Le nom du dieu était écrit à l'encre verte sur cette statuette qu'enveloppait un papyrus où la silhouette d' Apophis était aussi dessinée. On crachait sur la statuette, on la tailladait avec un couteau de pierre, on la jetait à terre; alors le prêtre l'écrasait du pied gauche à plusieurs reprises et la brûlait sur un bûcher de plantes à propriétés magiques. Il fallait répéter le rite trois fois par jour (sans doute comme complément du culte ordinaire), et quand il se produisait des orages, signe de péril pour les divinités célestes*.

Dans la vie réelle, un cas très important d'envoûtement nous est connu au temps de Ramsès III, où un fonctionnaire du palais royal fut convaincu de crime pour les faits suivants^ : Il s'était procuré un écrit magique, extrait des livres secrets

1. Badge, Egyptîan magie, p. 77. Cf. Frazer, le Rameau dCor, trad. française, I, p. 72.

Page 1