‹ Au temps des PharaonsChapitre 79 sur 87 · Papyrus Lee, ap. Deveria, Œuvres, II, p · texte numérisé non relu

Papyrus Lee, ap. Deveria, Œuvres, II, p

du roi, et pArvint à fasciner (f ^ | f >• ^ si/i) les gens du palais; il lui arriva aussi « de faire des hommes de cire et des écrits de souhait »

(i>i*TTi::sti::r;i,:, r ,7,

' — ' « \ \ 3i)' c'est-à-dire des figurines sur lesquelles il récitait des conjurations pour arriver au but désiré; il put ainsi ensorceler (j [J ^* ^ hikaou) les servantes du harem.

Ces exemples d'envoûtement s'éclairent réciproquement et il devient facile de saisir quels principes généraux inspirent la magie active des Égyptiens. Ici, comme en d'autres pays, le magicien commande aux êtres en usant : 1° de leurs noms; 2" des figurines les représentant. Ces deux moyens d'action magique sont du domaine commun à toutes les sociétés primitives, a Un nom propre — dit M. Hartland — est considéré comme inséparable de son possesseur et les sauvages ont souvent soin de cacher aux autres la connaissance de leurs véritables noms*, se contentant d'être interpellés et désignés par un surnom ou une épithète substituée *. La raison en est que conn^tre le nom d'un

1. cr. Letébare, Sphinx, I, p. 08. Dana papyrus de Turin, le Soleil Bà avoue : < laoa mon père et ma mère, puis il a été caché dans m'a engendré, afin de ue pas laisser être le ma qni m'encbanterait >.

2. Ce que les Égyptiens appellent le • bon Sphinx, I, p. 97 et suiv.).

légende conservée aux a été dit par

sein par qui l'enchanteur

autre donne pouvoir sur cet autre : c'est comme si lui-même, ou du moins une partie essentielle de lui-même, était dans la possession de la personne qui a obtenu la connaissance de son nom^ » M. Lefébure, dans ses mémoires si .suggestifs sur a l'importance du nom chez les Égyptiens », a démontré que cette théorie générale s'applique point par point à l'Egypte. De là le soin que les magiciens prennent, en récitant les formules magiques, d'énoncer le nom vrai du dieu qu'ils invoquent, nom multiple, ou de forme bizarre, mais dont l'harmonie calculée agit réellement sur l'être invoqué. « En réalité le nom d'une personne ou d'une chose n'est pas un signe algébrique, mais une image effective, et par là il se confond en un sens avec son objet : il devient cet objet luimême moins matériel et plus maniable, c'est-àdire adapté à l'usage de la pensée : bref, c'est un substitirt mental. » Prononcer le nom d'un être équivaut à façonner son image spirituelle; écrire le nom, c'est dessiner son image matérielle; cela est vrai surtout en Egypte où l'écriture hiéroglyphique accompagne les noms d'un détenninatif qui figure aussi exactement que possible les objets et les êtres. L'évocation du nom est ainsi comparable « aux rites de sorcellerie où le magicien fait la figure d'un homme, l'appelle par son nom et

1. G*est ce qui arrive pour Râ, dès qulsis, dans la légende citée plus haut, lui eut sorti du corps son nom. (Cf. supra, p. 227.)

AU TtûMi'S DES PHARAONS ^^^^^^H

alors la perce de pointes ou d'épines, ou la brûle dans le but d'amener la souffrance et finalement la mort de la personne représentée ' ». Concluons que l'action majfique à distance repose, en Egypte comme ailleurs, sur la « magie imitative » et s'exerce par le nom et les figures des êtres et des choses.

En fleliors de l'usage des amulettes, talismans, formules, des horoscopes pour prévenir les dangers, en dehors des envoûtements et des conjurations pour commander à distance, les pratiques magiques étaient d'un grand secours même dans la religion proprement dite, dans le culte égyptien. Le culte des dieux et des morts était à ce point pénétré de magie qu'une étude détaillée — d'ailleurs fort difficile et qui n'est pas k sa place ici — serait nécessaire pour faire le départ entre ce qui n'est qn'oraisons et sacrifice à un dieu et ce qui est sorcellerie et objurgations magiques. A vrai dire, le prêtre se prosterne devant le dieu, le prie, le sollicite; mais en môme temps il protège le dieu contre ses ennemis, il le sauve de la mort osirienne, il le met à l'abri des maléfices par l'usage de procédés qui se retrouvent tels quels dans la magie pure. Le

Page 1