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MM. NANTEUIL ET DE GORSSE

par leur nom. C'est ainsi que, dans la revue de MM. Nanteuil et de Gorsse, le rôle du compère est partagé entre notre confrère M. Nozière, dont personne n'ignore le talent, et M. André de Fouquières, dont personne n'ignore l'existence. Deux ou trois cents noms propres circulent à travers les couplets. Il en est qui fournissent des rimes riches, et d'autres qui suggèrent des effets drôles. Les critiques, bien entendu, ne sont pas oubliés dans ce déballage. On finira par leur donner de la vanité.

La liberté de la revue ne s'étendait autrefois qu'au monde du théâtre et de la politique. Elle menace aujoxu'd'hui tout citoyen ou toute citoyenne dont le nom, les œuvres, voire la vie privée, peuvent donner matière soit à plaisanterie, soit à équivoque. Je ne vois, pour ma part, aucune sorte d'inconvénient à cette extension ou à cet affranchissement du genre. Je préfère avertir MM. Nanteuil et de Gorsse, ainsi que leurs confrères, que le public commence à se lasser de la grivoiserie monotone dont ils escomptent simultanément l'effet. Il est entendu qu'avec un peu d'imagination et de tour de main, il n'est pas de fait, de mot, d'acte ni d'objet, dont on ne puisse lier l'idée ou l'image aux phénomènes de la reproduction et aux diverses modalités qu'ils affectent. C'est entendu,

nous le savons, mais précisément MM. les revnistes nous le laissent trop peu oublier. Dix séries de couplets, dans la revue de MM. de Nantei^il et de Gorsse sont bâties sur ce thème : couplets des demi-vierges, de la photographie, de l'amazone, d'Isadora Duncan, des rôles à maillots, de la « recherche des sensations inédites ». Cela devient fatigant à la longue, ou même assez vite. Il est temps de s'arrêter sur cette pente. Les auteurs finiraient par négliger d'avoir de l'esprit. Ils feraient pis : ils finiraient par rendre le public prude.

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