‹ Au Tonkin, 1884-1885Chapitre 1 sur 104 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Te corps expéditionnaire. — Médecin major du 4^ régiment de marche. — Le départ. — A bord du Siiiiit-Gcrmaiii . — Le détroit de Mes.'^ine. — Port-Saïd, le canal de Suez et les Anglais. — La mer Rouge, le détroit de Bab-el-Mandeb et la pointe d'Aden. — L'océan Indien et la Mousson. — Socotora, les J^aquedives. — Ceylan et la légende du l'aradis terrestre. — Le golfe de Bengale. — Le détroit de Malacca. — Singapore. — Races, commerce et religions. — l'oulo-Condore et les côtes d'Annam. — La baie d'Along. — L'escadre et l'amiral Courbet. — La flottille de débarquement. — Ilaï-PHong, aperçu général. — Les missions catholiques. — En route pour Ilaï-Zuong. — Concentration. — Médecin chef de la deuxième brigade.

La prise de Sontay (IG décembre), si glorieuse, mais si meurtrière aussi, décide l'envoi immédiat au Tonkin des renforts demandés par la Chambre des députés dans sa séance du 1" décembre dernier. Le nouveau corps expéditionnaire, sous les ordres du général Millof, coinmandant actuel de la 3' division du G' corps d'armée, appelé à rcm[)lacer Ibéroïquc amiral Courbet, qui conserve seulement le commandement de l'escadre, a pour chef d'élat-major le lieutenant-colonel Guerrier. 11 comporte deu.v brigades, commandées : la première par le général Brière de l'Isle, l'ex-gouverneur du Sénégal, la seconde par le général de Négrier, dont l'énergie dans le Sud oranais, avec la légion étrangère, a été déjà si généralement appréciée. Les services administratifs sont confiés au sous-intendant de la Grandièrc, assisté d'un adjoint, M. Jeaux. Enfin, par décision ministérielle du 21 décembre,

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le service médical est assuré, à l'ambulance, sous les ordres du médecin principal Driout, par MM. Gentil, médecin major de première classe; Baudot et Hocquard, médecins majors de seconde classe; Renaiid, Lasserre, Achard, Nimier, Lejeune, Morand et Claude, aides-majors, assistés des pharmaciens-majors Worms et Manget et des officiers d'administration Raby, Gitton, Sauce et Darbons. L'ambulance, approvisionnée d'un matériel suffisant pour constituer deux sections, comprend en outre deux aumôniers catholiques, les abbés Mac et Jaux, un pasteur protestant, M. Boissel, et 84 infirmiers.

La même décision affecte au service médical du 4* régiment de marche formé en France avec des bataillons du 23' (commandant Godart), du 1 1 1' (commandant Ghapuis) et du 143° (commandant Farret), le médecin-major de première classe Challan de Belval, le médecin-major de seconde classe Rainaud et laide-major Dreyfus. Ce régiment de marche est commandé par le lieutenant-colonel Defoy, du 143°; mais chaque bataillon conserve son autonomie et relève du régiment de France dont il est temporairement détaché. Je donne cette explication afin de montrer les inconvénients d'une telle organisation. Il en résulte, en effet, que je n'aurai bien évidemment à m'occuper que du bataillon du 23% sûrement appelé à agir isolément et sans corrélations immédiates avec les bataillons distincts du IIP et du 142". C'est le rôle habituel d'un aide-major, et mes chefs en paraissent fort surpris.

« Je ne comprends pas, m'écrit le médecin principal de première classe Pallé, de l'École d'application de 1 artillerie et du génie, votre nomination, même comme chef de service, dans un régiment de marche. Vous appartenez de droit au service des hôpitaux et, de plus, vous êtes plus ancien que M. Gentil. Votre place est donc à la tête de l'ambulance. »

Et mon chef actuel à l'hôpital militaire Saint-Martin, le médecin principal de première classe Tarneau, partageant le même avis, m'engage très vivement à présenter une observation à ce sujet à notre directeur du service de santé au

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