CHAPITRE TROISIEME
est passible d'iiimnlsioii. Certes, elle peut lutter. Elle peut aecepter ou refuser rimpulsioii de l'Esprit du bien, repousser ou sul)ir rinipulsioa de l'Esprit du mal. Mais sa volonté peut être courte ; son énergie bien fragile, et Dieu seul peut assurer la victoire. Le crime révèle l'action de l'Esprit du mal, la vertu dit l'Esprit du bien. Les tentations nous viennent de l'Esprit du mal, les forces nécessaires à la résistance nous viennent de l'Esprit du bien. Dieu seul est plus puissant que le Diable.
Et de même que Jésus, en tant qu'il est homme, a reçu de Dieu le pouvoir de chasser les Démons, de même Bouddha, les taoïstes et autres exorcistes, ont pu recevoir des pouvoirs analogues. Ils ont pu, si Dieu l'a permis, commander aux Esprits. Mais, il y a les bons et les mauvais prophètes, les véritables exorcistes et les charlatans. La croyance ne discute pas, elle s'incline. Elle ignore le comment, elle peut demander le pourquoi. Et c'est Dieu qui répond, en inclinant l'orgueil.
De même que la plupart des croyants, les Tonkinois bouddhistes, adeptes ou non de Gonfucius, s'inclinent, sans chercher le pourquoi. Chez eux, le sentiment religieux est bien vague, bien fugitif surtout. Pourrait-il en être autrement chez un peuple où tout parait susceptible de devenir Dieu, excepté Dieu lui-même; dans ce chaos de traditions adaptées aux plus diverses croyances.
Certains prétendent, en effet, que le brahmanisme admet, avec la métempsycose, des milliers de dieux, même des animaux déifiés. Et le bouddhisme n'est rien que le brahmanisme, interprété j)ar Bouddha, lui-même, corrigé plus tard par Confucius.
Qu'est-ce donc que le brahmanisme, tant au point de vue philosophique que dans ses obligations dogmatiques? Je n'ai ni la possibilité ni la prétention de répondre. Et c'est tout au plus si, grâce à mes entretiens avec quelques lettrés, dont le bon père Landais veut bien se faire, vis-à-vis de moi, l'interprète très autorisé, je puis en acquérir une vague conception.
Au commencement, me disent-ils, avec les Védas ou livres