G8 AU TONKIN
service du mandarin Tan Tuong Quân Vu, à Lang-Son, où je suis actuellement. Je vous fais savoir que je me porte bien, ainsi que les gens qui m'accompagnent. Par cette lettre, je vous souhaite une bonne santé, que vous puissiez vivre de longues années ; quant à moi, je n'ai qu'à travailler à la gloire. Je compte me rendre auprès de vous pour vous voir à la fin du mois; en attendant je vous prie d'informer tous les dôi, lai et miliciens qui ont servi sous mes ordres de se retirer chacun dans sa famille, pour travailler à vivre. A mon arrivée auprès de vous, je vous en parlerai, nous causerons ensemble tout ce que je pense. Vous ferez part également à ma famille, frères, sœurs, oncles, tantes, etc., de mes bonnes nouvelles. Le 15 du cinquième mois de Tannée Kiënphuôc (8 juin 188-4)." Signé : Do DiNH Trich.
Les lettres dont vous avez la traduction, ajoute M. Manchot, ont été saisies le 15 juin 1884, sur un individu qui paraissait venir de Lang-Son par le col de Déo-Quan et la route de Chu à Haï-Zuong. Elles ont été remises au Résident et, par lui, immédiatement communiquées à l'état-major du général en chef. Leur auteur est un officier supérieur sûrement envoyé en mission par le gouvernement annamite. Et vous pouvez légitimement induire de ce qu'il écrit que, le 8 juin dernier, c'est-à-dire un mois après la signature du traité de Tien-Sin, par lequel la Chine s'engageait à faire immédiatement évacuer par ses troupes tout le Tonkin, y compris Lao-Kaï et Lang-Son, les mandarins de Lang-Son la déclaraient en train de rassemblerions ses soldats pour, dans un délai d'un à deux mois, venir combattre les Français.
Il n'y a pas de doute possible, c'est à Pékin, seulement à Pékin que s'obtiendra la solution. Sans doute, nos troupes pourront occuper Lang-Son, Cao-Bang, Lao-Kaï; mais cette occupation, très disputée, demeurera sans résultat pratique définitif autant que nous n'aurons pas imposé notre volonté à Pékin, et par conséquent à Mué. A Lang-Son comme à Lao- Caï, nos soldats, toujours sur le qui-vive, seront surmenés de fatigues, décimés par les fièvres et constamment harcelés, aussi longtemps que la Chine n'aura pas reconnu sa com-