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par le {général. Et le capitaine Sazonoff, malgré les plus grossières invectives, peut enfin montrer l'évidence de l'erreur. Le bataillon se trouve alors à un kilomètre au plus d'un nouveau camp retranché, bien évidemment occupé par toute une armée. Il n'est que temps de décamper. Alors, et sans doute pour couvrir son équipée, le colonel, comme pour une halte horaire, fait mettre sac à terre, passe une rapide inspection, et se décide enfin à rétrograder. Les Chinois se contentent de quelques coups de fusil, heureusement sans autres conséquences qu'une balle dans le genou d'un malheureux coolie. Et bientôt, avant retrouvé la roule, le bataillon débouche à la porte de Chine, où l'attend anxieusement le général. »
!24 lcvrieî\ — L'ennemi ne se montre plus, et la colonne peut, sans être aucunement inquiétée, passer toute la journée à Cua-Caï, devant la porte de Chine, occupée seulement à brûler ou détruire les munitions chinoises qui y sont accumulées.
Le général estime qu'il faut l'effrayer par une nouvelle démonstration de notre puissance. 11 décide de faire sauter la porte de Chine. Les Chinois ont abandonné là de nombreux tonnelets de poudre et caisses de cartouches. Le tout, sous la surveillance du colonel de Douvres, est accumule jjrès de la porte, dans la voûte et dans les pagodes avoisinantes. Une simple traînée de poudre, puis à deux heures une formidable détonation, et la porte est en ruine.
Quelques pancartes en gros caractères chinois :
« Le respect des traités protège plus sûrement un pays que les portes aux frontières ! "
Et la colonne revient à Dong-Dang.
25 février. — Le général laisse à Dong-Dang, sous les ordres du commandant Diguet, seulement un batadlon de la légion étrangère, avec deux canons; puis, après une rapide reconnaissance vers That-Qué, il revient tranquillement à Lang-Son.
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28 février. — Les Chinois ont-ils enfin cédé? On le dit à Lang-Son. Et cependant, en réponse à la destruction de la porte de Chine et à la provocation du [jénéral de Négrier, ils viennent de répondre par cette audacieuse menace, partout affichée aux environs de Cua-Caï :
Il Nous reconstruirons notre porte avec des têtes de Français. »
Mais ils demeurent tranquilles. Et la colonne en profite pour mettre rapidement en bon état les affreux sentiers qu'il a fallu souvent escalader à la force des poignets pour arriver jusqu'à eux. Il s'agit maintenant de les rendre praticables aux convois d'approvisionnement. Tous le comprennent. El la rude besogne est activement menée, d'une part par nos soldats, entre Lang-Son, Cut et Thaï-Moï, où aboutit la route mandarine Kep-Bac-Lé ; d'autre part, sous la direction du génie, par les coolies, entre Thaï-Moï et Dong-Song, à travers les mamelons du col de Déo-Quao, où aboutissent, par les cols de Déo-Yan et de Déo-Quan, les sentiers d'accès vers Chu, notre centre de ravitaillement sur le Loc-Nam.
C'est grande fatigue pour tous ; et l'ordinaire, cependant, laisse bien un peu à désirer. Ni pain ni vin, cela n'est pas réconfortant; mais on a du cœur au ventre; la quotidienne de riz, de viande, de thé et de tafia suffit pour entretenir la machine.
Le capitaine d'artillerie Renaut dirige les travaux. L'exécution est assurée, à tour de rôle, en outre des coolies, par un bataillon d'infanterie, régulièrement relevé tous les quatre jours.
Qmars. — « Les mercantis commencent à arriver à Lang- Son. Us apportent, avec la presque certitude de la paix, les moyens d'améliorer sensiblement l'ordinaire. On peut même, au moins tous les deux jours, remplacer le biscuit par une ration de pain. Mais le vin demeure encore exclusivement réservé pour les malades et les blessés. Et le thé, non plus que le tafia, sont impuissants à le remplacer. Encore un peu de patience, dit-on. Il n'y en a plus pour longtemps. »
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15 tiiars. — Mais voici que des rassemblements sont sif;nalés à quelques kilomètres de la porte de Chine ; ils nous font craindre de nouvelles complications. Il faut se tenir en garde, savoir au moins les intentions. Depuis le 10, nous occupons That-Qué, que les Chinois ont abandonné sans combat, sur simple reconnaissance d'un peloton de chasseurs à cheval.
17 mars. — Le général décide, en conséquence, une forte reconnaissance par Dong-Dang, jusqu'à la porte de Chine. Mais les Chinois s'abstiennent de toute manifestation, et la reconnai.ssance peut rentrer dans son cantonnement de Lang- Son sans être aucunement inquiétée.
18 mars. — Le colonel Herbinger, avec les bataillons du 111' et du 23% une batterie et un peloton de chasseurs, remplace à Dong-Dang le commandant Diguet.
Le général, d'autre part, accompagné de tous les chefs de corps et de services, v compris le colonel Borgnis-Desbordes, récemment arrivé de France, poursuit une attentive étude des hauteurs qui dominent Lang-Son, et des deux routes par Cut et Pho-Yyqui s"v rejoignent, il paraît inquiet; il constate que les travaux ne sont pas assez avancés encore pour donner à la place la sécurité nécessaire « La brigade, dil-il, est très en l'air, elle nest pas assurée de sa base d'opérations, et les communications sont encore impraticables aux convois. 11 faut, coûte que coûte, activer les travaux, dussions-nous manger ici nos bottes. »
22 m.ars. — El, comme pour lui donner raison, voici que les Chinois essaient, pendant la nuit, de nous surprendre à Dong- Dang. Mais la petite garnison veille, elle est immédiatement sur pied. De suite la grandgarde, avec le capitaine Bœsch, crible de balles le terrain où ils paraissent vouloir se grouper. Mais déjà sans doute ils ont disparu. Seulement vers le matin, il est facile au capitaine Verdier de les constater très nombreux, et s'avançant régulièrement, après occupation
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de toutes les hauteurs, jusqu'à la porte de Chiuc, sur un parcours de 3 kilomètres environ. Quelques-uns même passent la frontière. Et voici qu'un mandarin pousse l'audace jusqu'à s'avancer à 300 mètres à peine de notre grand'jjarde, contre laquelle, sans résultat du reste, il déchar^^e tranquillement ses pistolets. La provocation est manifeste. Mais ordre formel a été donné de s'abstenir. Les Chinois peuvent impunément, à 1,200 mètres à peine, nous cribler d'obus à l'aide d'un obusier bizarre dont, heureusement pour nous, ils paraissent ignorer la pratique, et qui bientôt leur éclate dans les mains. Vainement le capitaine Verdier signale au colonel IIer])iap;er l'arrivée de nombreuses réserves qui débouchent difficilement d'un col, et demande de l'artillerie pour les déloger. Le colonel refuse formellement; il ne veut même pas se rendre compte, par lui-même, de la position. Il n'a pas d'ordre, dit-il, et se croit dans l'obligation d'attendre.
Et les Chinois, ayant ainsi réussi dans leur démonstration offensive, peuvent se retirer sans être aucunement inquiétés.
23 mars. — Mais le général n'entend pas ainsi se laisser moquer. Dès le soir même, il est à Dong-Dang. Et ce matin, il décide de se porter résolument en avant, et d'enlever les principales positions devant lui, laissant en arrière seulement deux compagnies de réserve. L'effectif dont il dispose est bien faible ; un millier d'hommes, avec la batterie de Saxe et deux pièces de marine. Mais il sait d'expérience la valeur de ses soldats.
Après deux heures d'attente à la porte de Chine, la petite colonne se décide à passer la frontière; elle occupe immédiatement les hauteurs. Mais le brouillard est impénétrable; et seulement vers dix heures, alors qu'il se lève, on peut constater, à 3 kilomètres à peine de la porte, que des forces considéraJjies sont massées sur toutes les' hauteurs dont nous sépare une étroite vallée, fermée, à son débouché, par de formidaljles retranchements.
Bataille de Bang-Bo. — « Faut-il néanmoins pousser de l'avant? Il y a là, devant nous, un espace découvert, sous le
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feu, avant d' arriver au pied des forts et retrancliemcnts qui couronnent toutes les hauteurs, ferment toutes les issues. Longuement le général étudie la situation. Et sa détermination prise, il la fait clairement connaître à son entourage.
Coûte que coûte, dit-il, il faut s'emparer d'abord, vers l'est, des forts qui dominent la vallée, de manière à prendre à revers le retranchement qui en ferme l'issue. Et de suite il charge le colonel Herbinger, avec le 143% de se porter directement en avant, au pied du versant nord-est de la vallée, avec mission de s'emparer des deux forts qu'il a devant lui, et de s'y établir jusqu'à ce qu'il puisse, lui-même, les occuper avec son artillerie. Il donne ordre, d'autre part, au commandant Faure, avec le 111% de se porter directement vers Bang-Bo et de balayer le terrain devant lui.
Mais la difficulté est telle que, d'une part, le colonel Herbinger a besoin de l'assistance hâtive d'une compagnie de la légion pour réussir dans son entreprise; et que, d'autre part, le commandant Faure, avec le 111% oldigé de repousser immédiatement les contingents chinois rencontrés dans son défilé, doit se contenter de faire occuper par une seule compagnie quelques rochers qui dominent, mais ne réussit pas à trouver vers l'ouest la position nécessaire à l'artillerie .
Et déjà le jour décline. Le 111' revient sur ses pas, il gravit péniblement l'escarpement au sommet duquel se trouve le fort enlevé par le 143° et la légion, et dont le général, avec l'artillerie, a, dorénavant, fait son centre d'action. Cependant, l'importance de la situation qu'il vient d'abandonner paraît telle, qu'il faut, de toute nécessité, la réoccuper. Rebrousser chemin : la fatigue est si grande que l'absolue nécessité peut seule y décider. Quelques mots suffisent; le moral déborde le physique. Et nos braves troupiers reviennent virilement occuper la position prévue, sur la route centrale, au débouché de la vallée, devant Bang-Bo.
Le général et l'artillerie, avec un bataillon de la légion, tiennent donc, dorénavant, deux forts. Et de son côté, le 111' occupe une solide position au débouché de la vallée devant Bang-Bo. Mais des forces considérables sont signalées vers