‹ Au Tonkin, 1884-1885Chapitre 93 sur 104 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

La situation au mois d'avril 1885. — L'amiral Courbet aux îles Pescadores. — Les Chinois devant Lanrj-Kep. — Les pirates dans le delta. — La paix avec la Chine. — La mort de I amiral Courbet. — L'Annnm insoumis. — Le général de Courcv. — Le guet-apens de Hué et le commandant Metzinger. — La fuite du roi et l'investiture donnée à son frère Don-Kants à la Légation française. — Humanitarisme et politique coloniale. — Conclusions.

}sous voici donc, au commencement d'avril 1885, dans la même situation que lors du départ du général Millot le 6 septembre I884-. Sans doute, nous occupons Chu, le Kep et Tuyen-Quan ; en réalité, rien de plus que le delta. Sans doute encore, le général Brière de l'Isle dit. très justement, que la retraite pouvait sûrement être évitée, qu'elle fut la déplorable mais non pas irrémédiable conséquence des erreurs du lieutenant-colonel Herbinger. Cependant, si réelles que soient sa compétence et son énergie, on lui tient quelque ligueur de son effarement et de son retard inexplicable à venir, aussitôt la blessure du général de ^^égrier, se mettre lui-même à la tête de ses troupes.

11 n'a, dit-on, ni le coup d'œil ni l'audace réllécbie du général de Négrier. El malgré les renforts annoncés, on prévoit une nouvelle campagne que l'approche de la mauvaise saison fera sûrement encore de longue durée.

Il faut des maintenant s"v préparer activement. On apprécie très généralement, du reste, autant 1 énergie du général Giovaninelli, commandant de la première brigade, que celle du colonel Borgnis-Desbordes, de lartillerie de marine, appelé à remplacer le colonel Herbinger, mis à la disposition du ministre et renvoyé en France. Il n'en es pas moins évident que, dans le delta même, comme sans

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doute en Chine et clans l'Annam, l'évacuation de Lang-Son et la retraite jusqu'à Chu-Lang-Kep sont tenues pour des preuves de manifeste impuissance. Et, de nouveau, la cour de Hué provoque clandestinement des soulèvements, de nouveau Lu-Vinlî-l^huoc et ses pirates infestent le pays.

8 avril. — Mais, d'un autre côté, l'amiral Courbet a vigoureusement agi. Après le refus systématique, malgré ses instances, de l'autorisation nécessaire pour gagner Port-Arthur et bloquer ainsi, avec le golfe de Pé-Tché-Li, la route directe de Pékin; après l'insuccès prévu d'une tentative d'occupation de l'île Formose et de la très coûteuse attaque de Kélung par le colonel Duchenne, il a dû se contenter de tenir les îles Pescadores, entre Formose à l'est et la côte de Fo-Ivien à l'ouest. Il intercepte ainsi, dans le détroit de Fo-Kicn, la route maritime vers la Chine du nord, dès lors privée de ses moyens habituels d'approvisionnement, notamment de riz, et, dit-on, menacée de la famine.

Et la Chine qui, d'autre part, sait l'envoi de nombreux renforts, vient de consentir un armistice qui paraît préparer la paix.

14 avril. — Les Chinois du Quang-Si n'en persistent pas moins, cependant, dans leurs tentatives offensives. Aujourd'hui même, ils viennent de nous attaquer, en grand nombre devant Lang-Kep, d'où le colonel Godard, avec le 23% n'a du reste pas eu grand'peine à les écarter, après leur avoir infligé des pertes considérables.

Et les pirates continuent à infester le delta; ils s'installent pendant des semaines dans les villages soustraits à la surveillance directe, y frappent des contributions, brûlent tout, enlèvent les femmes et les enfants quand ils ne sont pas satisfaits, et disparaissent pour occuper d'autres villages dès qu'ils se sentent menacés.

Vainement une colonne, commandée par le colonel Borgnis-Desbordes, avec une batterie d'artillerie, sous les ordres du commandant de Douvres, s'efforce de les poursuivre et

de les éloigner de la 1res difficile région qu ils occupent habituellement vers le sud-est, entre Quan-Yem et Chu. Elle ne réussit guère qu'à semer les halliers de nombreux malades qui tombent épuisés de forces, ou sont tués par le soleil. Tout au plus est-il possible de relever le croquis topographique, en vue d une occupation ultérieure.

Et de même, la petite colonne qu emporte VEclair jusqu'à Dap-Cau, et qui doit fouiller le pavs entre Bac-^inh et Thaï- ^guven, n'est pas plus heureuse. Elle a du moins ce résultat de montrer une fois de plus, aux populations, la volonté l)ien arrêtée de la France d occuper dorénavant tout le Tonkin.

10 juin. — Voici du reste, très heureusement, que la paix est officiellement signée avec la Chine, et que les contingents annamites nont plus à compter sur son appui. Il en est temps, car les chaleurs et des orages quotidiens imposent, de toute nécessité, le repos. Sachons donc nous contenter, non pas cependant que nous ayons obtenu complète satisfaction. Car, si la Chine abdique dorénavant toute prétention à la souveraineté de lAnnam et du Tonkin, c'est à la condition que, sans la moindre indemnité ou compensation, nous évacuerons nous-mêmes, immédiatement, Formose et les Pescadores, v compris cette rade de Makung si glorieusement conquise par nos armes, et si importante à notre garantie d avenir.

En réalité, le nouveau traité n'est rien que le retour pur et simple au traité de Tien-Tsin, impunément violé, il va près d'un an, en avant de Bac-Lé. Il suffit, parait-il, à notre nouveau ministre, M. Brisson.

11 juin. — Et, pour augmenter encore notre tristesse de cette très incomplète satisfaction, voici que la France a l'immense douleur de perdre le véritable héros de sa campagne dans l'extrême Orient L'amiral Courbet, dont on peut assurément dire qu'il fut, lui second, le chevalier sans peur et sans reproche, vient de mourir à Makung,

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épuisé de souffrances morales bien plus encore, peut-être, que de fatigues physiques.

L'amiral avait, de longue date, appris à mépriser la mort, ayant dans l'âme la certitude de la vie dans l'au-delà. La satisfaction de la conscience lui fut assurément le seul encouragement dans sa lutte incessante, dans son dévouement absolu à la France qui, elle, doit vivre, toujours et c|uand même, prospère, puissante et respectée de tous. La Patrie, dont il était la force dans le présent autant que la légitime espérance, ne pouvait être plus cruellement frappée. Et nul soldat n'a mieu.v que lui mérité le suprême salut du drapeau.

10 juillet. — La Chine s'est inclinée. .Mais nous avons encore à soumettre l'Annam. La cour de Hué, dont les agissements occultes n'ont jamais permis la moindre illusion, n'a pas dit encore son dernier mot.

Mais le général de Courcy, appelé à remplacer le général Brière de l'Isle dans le commandemenl d'un nouveau corps expéditionnaire sensiblement renforcé, vient de débarquer à Tourane. De suite, il a formellement e.xigé d'être reçu à Hué, en audience solennelle, par le jeune roi assisté de son conseil. Les régents, Nguyen-Thuong et Than-Thuyet, après s'être inutilement efforcés d'endormir sa demande sous les apparences de la plus respectueuse soumission, ont cru })Ouvoir se débarrasser de lui dans un odieux guet-apens. Ils ont clandestinement soulevé le pays. Puis, au milieu de la nuit, alors qu'ils supposaient nos soldats endormis, ils se sont rués tant sur la concession française cjue sur la légation, résidence temporaire du général, et sur le très petit contingent de nos troupes à la citadelle, qu'ils ont, pendant plusieurs heures, criblé de mitraille et d'obus.

La répression ne s'est heureusement pas fait attendre. Grâce à l'énergie et au sang-froid du commandant Metzinger, du bataillon des zouaves, nos troupes ont pu rapidement débloquer la légation, puis occuper le palais royal et la citadelle, et soumettre la ville.

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La lâche agression ne nous en a pas moins coûté huit officiers et quatre-vingt-deux soldats tués ou blessés, appartenant, pour la plupart, au bataillon des zouaves. Et le jeune roi Han-Nghi, entraîné par le régent Thuyet, a réussi à s'enfuir, mais laissant au palais, en outre d'une cpiantité d'objets précieux qui furent scrupuleusement inventoriés etconservés en lieu sûr, près de douze millions en barres d'argent, qui vont permettre d'organiser immédiatement l'indispensable expédition à travers le pays.

Jusqu'à ce jour, les mandarins et lettrés sont demeurés les maîtres absolus. Il s'agit, non pas de les remplacer immédiatement, du moins de les surveiller de très près, de contrôler activement leur pouvoir. Tout naturellement, ils redoutent notre immixtion dans les affaires, assurés qu'ils sont que le protectorat français nest pas une vaine formule, et qu'il entend empêcher l'arbitraire exploitation du peuple. Le régent Thuong est 1 un des ])remiers à s'en apercevoir : malgré ses protestations de soumission et de dévouement, son astucieuse action a bientôt été convaincue de félonie. Et voici qu'il est interné à Poulo-Condore, où sans doute il sera bientôt rejoint par son compère Thuyet.

10 août. — Lejeuneroi, toujours en fuite, demeure introuvable. Et le général de Gourcy, justement préoccupé de l'indispensable reconstitution d'un pouvoir reconnu par le pays, vient de le remplacer, sur le trône, par un petit-fils de Tu-Duc que les mandarins, malgré son droit d'aînesse, avaient antérieurement écarté, dans le but de gouverner eux-mêmes sous le nom d'un enfant. Le nouveau roi, Dou-Kanh, ayant publiquement reconnu le protectorat de la France, a consenti, en présence du peuple et des mandarins, à recevoir l'investiture officielle du général. La cérémonie étant accomplie à la légation française, le roi a dû, pour pénétrer en souverain dans le palais royal, se faire assister du général et du résident, qui marchaient à ses côtés.

Et maintenant, c'est en son nom que la force armée de la France est appelée à maintenir le pavs. De l'avis des mis-

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sionnaircs et des anciens, il cûL été ralionnel et sage de proBtci' de cette a^jitation de TAnnam pour reconstituer le royaume du Tonkiu autonome. Il faudrait, disent-ils, et c'est, dit-on, aussi l'avis du (général, appeler au trône, sous notre suzeraineté, l'un des descendants encore existants de l'antique famille royale des Lé, qui compte au Tonkinde nombreux et fidèles partisans, très généralement amis de la France. Ce serait non pas seulement affirmer notre puissance et nous attacher le Tonkin, heureux d'échapper ainsi à l'exploitation des mandarins, mais encore établir, pour notre sécurité, une solide barrière entre la Chine et l'Annam.

Notre gouvernement, paraît-il, ne partage pas cet avis, il ignore le pays et, malgré les avertissements, commet une erreur regrettable.

Le gouvernement du Tonkin par l'Annam, c'est, disent les anciens, l'exploitation du peuple par les mandarins. Ce n'est assurément pas là ce qu'espéraient les Tonkinois, ni ce qu'a promis la France.

Quoi qu'il en soit, on peut considérer que le pays est dorénavant pacifié. Sans doute, des bandes de pirates l'agiteront longtemps encore, mais éparses, sans cohésion, et, dès lors, impuissantes à provoquer un soulèvement général, ni de l'Annam ni moins encore du Tonkin.

Une fois de plus, la rude campagne a prouvé que les mauvaises conditions hygiéniques sont, partout et toujours, plus préjudiciables aux armées que le feu de l'ennemi, même le plus meurtrier; qu'il est dès lors d'obligation de prendre les plus rigoureuses mesures, avant toute entrée en campagne, pour garantir la santé des troupes. Elle nous montre encore que la victoire est aussi souvent le prix de l'endurance à supporter les fatigues et les privations, que le résultat de la science et du courage.

Assurément, le protectorat de l'Annam et du Tonkin justifie les sacrifices que s'est imposés la Patrie pour le réaliser. C'est la Chine ouverte, c'est l'Indo-Chine reconstituée, et comme une réparation de la désastreuse impéritiedu gouvernement de Louis XV dans son abandon des Indes, comme.

du reste, de loules nos colonies d'alors. C est le retour à la politique traditionnelle de la France à toutes les grandes époques de sa glorieuse histoire, et, certainement, le seul titre de J. Ferrv à la reconnaissance du pavs 1).

Et la France, a dit très justement J. Ferrv, je crois, a, plus qu'aucune autre nation civilisée, mission, pour continuer sa glorieuse tradition, de porter, partout où elle le peut, sa langue et ses mœurs, son drapeau et son génie.

L humanitarisme qui refuse aux peuples civilisés le droit d'expansion coloniale est la plus dangereuse des utopies, l^arce qu'il méconnaît la loi de la lutte pour la vie. L'humanité tout entière n'est rien, en effet, qu'un composé d êtres réels, constituant un tout idéal, de même que notre corps n'est rien qu un composé de cellules constituant un tout matériel. Or, s il est absolument juste et rationnel de reconnaître que tous les hommes sont solidaires les uns des autres, n'est-il pas évident qu ils le sont à la manière même des cel Iules de notre corps, sans cesse agissantes et réagissantes, toujours en lutte et parfois dans l'obligation de s'entre-détruire pour l'indispensable entretien de la collectivité qui constitue lorganisme tout entier. To be or jiot to be, dit Hamlet. Pour être, il faut lutter, c'est la loi de la vie, qu'elle soit la vie de l'humanité dans son ensemble, ou de notre corps dans son aménagement cellulaire. Faire de Ihumanitarisme dans la bonne acception du mot, c'est modifier, perfectionner l humanité. C'est lacté même de la vie. L'humanité ne peut vivre qu'en se modifiant sans cesse dans une incessante pénétration de ses éléments constitutifs. Son bien être, c'est l'équilibre, il n'est que temporaire. Que s'il est juste de dire du monde terrestre qu'il est la Patrie de l'humanité, n'est-il pas

(i II s'agit actuellement de maintenir; cela nécessitera sûrement encore (le longs efforts, surtout une étroite surs-eillance. La Chine assurément n'est que temporairement soumise. Et de leur côté, les Japonais, étroitement parqués dans leurs iles, n'attendent qu'une occasion pour s'étendre en Asie. Sans aucun doute, alors, ils voudront repousser la domination de l'Europe. La lutte des races est fatale comme est, raisonnablement, indispensable la protection des peuples faibles par les peuples forts. Elles sont une conséquence du perfectionnement comme une nécessité de la civilisation.

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évident que cette Patrie est, de même que notre corps, un assemblage d'organes distincts, qui, tous, ont à remplir une fonction distincte. Est-ce donc que l'estomac peut remplacer le cœur, est-ce donc que le coeur a les mêmes fonctions que le cerveau dans l'ensemble des ccbanges, des incessantes modifications qui constituent la vie matérielle? Et n'est-il pas évident que l'internationalisme prétend une incompréhensil)le aberration, alors qu'il soutient l'inutilité des Patries distinctes, comme s'il était possible de prétendre l'inutilité des organes distincts. On a dit, justement, que la France a le génie de l'expansion. N'est-ce pas qu'il faut, dès lors, la dire le cœur du monde? Or, le c(eur ne peut battre qu'à la condition de recevoir et de transformer, sans cesse, les éléments globulaires qui lui sont apportés de toutes les extrémités du corps, et qui sont eux-mêmes le produit de la lutte, de la destruction, d'une incessante régénération. Nos organes sont solidaires, c'est incontestable. Ils n'en sont pas moins astreints, en raison des fonctions spéciales de chacun, sinon toujours à lutter les uns contre les autres, du moins à travailler sans cesse pour trouver au loin et s'incorporer les éléments nécessaires à leur entretien, par conséquent à leur utile fonctionnement. La loi qui régit les fonctions de nos organes est également la loi qui régit la politique coloniale de la part des nations civilisées.

Dé même que pour greffer, il faut de toute nécessité déchirer; de même que la soudure du liber et de l'aubier implique, en outre d'une exacte juxtaposition, et quel que soit le mode d'opération, l'écartement préalable dès fibres nécessaire à la pénétration; de même que la greffe n'est pas le parasite, mais Jjien l'instrument de conjonction indispensable à la production du meilleur fruit... de même la civilisation d un peuple primitif ou dégénéré implique nécessairement écartement, juxtaposition et force de pénétration.

Avant de se faire tolérer, avant de s'affirmer dans une généreuse fermeté, avant de réaliser la véritable fraternité des peuples, la civilisation doit nécessairement écarter les obstacles. Et pour les écarter, elle a l^esoin de la force.

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C'est par le catholicisme que la France a préparé ses colonies; c'est par la force et par l'ordre social qu'elle a pu les réaliser. Puisse-t-elle demeurer convaincue que l'humanitarisme n'est pas la fraternité; que partout, et dans tous les temps, la civilisation a nécessité le sacrifice du sang, tant celui des martyrs que celui des soldats, que la vie c'est la lutte, et que l'ahandon dans l'indifférence ahoutit fatalement à la mort.

La France catholique, fille ainée de l'Église, a des prérogatives comme elle a des obligations. Ce qu'a dit Gambetta, J. Ferry et plus récemment Paul Bert, malgré leur sectarisme religieux, ont compris qu'il le fallait apjJiquer au Tonkin. Par patriotisme, ils furent l'un et l'autre les protecteurs décidés des missions catholiques françaises. Nos ennemis, ceux qu'attristent un réveil patriotique, les Anglais surtout, dont les passagères démonstrations ne sauraient faire oublier l'incessante autant que la sournoise action, peuvent en être mécontents. Ils n'ont pas à nous imposer une ligne de conduite. Mais le plus sage est assurément de les imiter. Dans toutes leurs colonies, les Anglais, comme aussi les Allemands, se sont, avant la conquête, imposés par l'infiltration religieuse. Les congrégations protestantes disent la foi nationale allemande, \ Aldeutschland, le culte de la Patrie allemande, comme les diaconesses de Mild-May propagent, avec la Bible, surtout le culte de la Greater-Britain. Que si les missions catholiques ont, avant tout, le devoir de répandre le divin enseignement du Christ, les missionnaires français, ces messagers de la bonne parole et de la pure morale, ces courageu.x autant que résignés pionniers de la civilisation, savent aussi l'obligation qu'ils ont de faire surtout aimer la France. Et certes, on a le droit de le dire; il faut le dire parce que c'est la vérité : avec nos missionnaires, le plus souvent par eu.x,les Français, dans toutes leurs colonies, sont généralement aimés. C'est qu'ils sont partout des frères aînés, et non pas seulement des exploiteurs.

En Annam et au Tonkin, comme dans toutes ses colonies, la France catholique affirme et pratique la véritable fraler-

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nité des peuples, non pas cet luunanilaire aUruisme qui n'est rien que l'égoïste oubli du devoir dans Tindifférence.

Maintenant que l'indispensable force matérielle a fait sa besof^ne, il appartient à la force morale d'accomplir aussi la sienne. C'est, dans le monde, la traditionnelle mission de la France. Elle n'y faillira pas.

CORPS EÏPÉMTlOîiNAlRE

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