PAR JULES GROS
M. Jul(^s Gros est un vieux brave homme de géographe m chambre, comme la guerre de 1870 et
INTRODUCTION xi
la constatation de notre ignorance en géographie en ont tant fait surgir de tous les ronds de cuir de nos administrations (*). Il nous parle des études de M. Dupuis (^), qui n'écrit cependant que par Ijbl plume de M. Millot, son associé et secrétaire, et nous le montre à vingt ans, exerçant le colportage comme le héros de Molière exerçait le commerce des étoffes ! Ce simple détail jette un singulier jour sur le caractère du « conquérant du Tonkin ». Pourquoi rougir d'une pareille origine, quand on se vante d'avoir ouvert des routes au commerce de sa patrie ? Pourquoi s'excuse-t-il d'avoir exercé l'honorahle et utile profession de colporteur, en nous faisant conter qu'il porta la balle « pour se distraire » (sic) et accompagner dans ses tournées un vieux marchand ambulant, son ami ?
Pendant les premiers travaux du canal de Suez, M. Dupuis tint un bazar à Alexandrie, puis, au moment de la guerre^ se rendit à Shanghaï, par la malle anglaise. Passager de dernière classe, il ne put vivre avec ses compagnons^ frappa l'un d'eux d'un coup tle couteau, et ne dut la vie et la liberté qu'à l'intervention d'un de ses compatriotes, ami du capitaine.
Nous citons ce détail peu connu, non pour incriminer, avec ce péché véniel, un honorable né-
(i) Depuis, M. JnlesGros est devenu le président in par» tibus d'une république d'opérette dont, vieux Guyanais, nous pouvons rire plus qu'un autre. (Septembre 1887.)
(2) Né en 1829, dans le département de la Loire, à Saint- Just-la- Pendue.