‹ Au Yun-nanChapitre 109 sur 204 · L. c. t. II p · texte numérisé non relu

L. c. t. II p

Vie psychique des Lo-los.

des fiançailles. C'est pourquoi souvent la fille retourne dans sa famille, où elle jouit d’une liberté complète, ne se faisant pas faute de continuer à mener la vie de jeune fille, prenant sa bonne part des fêtes et des amusements de la jeunesse.

En grandissant, ef en courant les villages voisins, il arrive généralement qu elle donne son cœur à un autre que celui à elle choisi par ses parents, et dès lors, elle ne veut plus aller avec ce premier mari. De là, chez les Lo-lo des difficultés nombreuses entre les familles. Les choses finissent ordinairement par s'arranger, en cassant a l'amiable le premier mariage. Si cependant, par bisque, le vrai mari ne veut pas rendre sa parole à la fille, les parents de celle-ci la forcent parfois (c’est excessivement rare) à aller quand même chez son mari, et alors, évidemment, si elle a un enfant, elle l’emmène avec elle.

Mais, croyez-moi, le premier enfant issu du mariage, nonseulement est élevé avec les mêmes soins et la même attention que ceux qui viennent ensuite: mais également il est reconnu par le mari, et c’est à lui qu’appartient le titre d’aîné. Peut-être, y a-t-il quelque exception pour quelque tribu. Mais l’exception ne fait pas la règle, et encore, cette exception, je ne l'ai jamais rencontrée. Et il en est de même au Seu-tch’ouan, d’où le P. Martin m’écrit: «Il est faux que l’aîné ne soit pas reconnu comme légitime, mais le second. Invention sans doute des malins Chinois qui, de ce que souvent les jeunes mariées n’habitent définitivement avec leurs maris que fort longtemps après le mariage, concluent que la femme conçoit toujours son premier-né par adultère. Il peut y avoir de rares accidents, mais il y a loin de là à une coutume.»

M. Rocher* nous dit encore: «La façon particulière dont les femmes lo-lo arrangent leurs cheveux permet de dire à première vue si elles ont ou non des enfants, etc.» Voilà une coutume originale que je n’ai pas davantage rencontrée chez les Lo-lo avec qui j’ai vécu. Est-ce le fait d'une tribu en particulier? C'est possible, mais j’en doute.

Ceci dit, venons-en au mariage chez les Lo-lo p’o.

Page 1