V. Vie familiale
Les parents, ayant jeté les yeux sur une fille qu'ils veulent faire épouser par leur fils, le père de celui-ci entre en pourparlers avec le père de la fille. La réponse de ce dernier étant favorable, on cherche un entremetteur. Celui-ci doit être un individu qui a beaucoup d’enfants. Cela porte bonheur, et le nouveau ménage, à son tour, a des chances de fonder une nombreuse famille.
L’entremetteur est invité à dîner, et, pendant le repas où l’on sert viande et vin, on le prie de se rendre dans telle famille pour demander telle fille en mariage.
Il s’y rend pour le repas du soir, avec une ou deux livres de viande et deux mesures de vin. Il fait la proposition, et le lendemain, il peut venir rapporter une réponse favorable à la famille du garçon. On lui fait fête, ce qui s’appelle: «Kyé-syé djeu da — boire le vin de la promesse».
On attend six mois, ou un an, et l'on procède à la seconde opération appelée: «Bè tsè djeu da — boire le vin de la fin des pourparlers».
L’entremetteur est de nouveau invité à dîner. Après le repas, il va dans la famille de la fille, emportant une chèvre, une livre de sel et 20 mesures de vin.
Là, on tue la chèvre, et l’on festoie, tout en débattant les conditions du mariage.
Après le festin, l’entremetteur revient annoncer au père du garçon ces conditions qui sont presque toujours:
6 ou 7 taëls d’argent,
et des souliers fleuris, ou un turban.
Si la famille du garçon est riche, on exige de plus:
Des bracelets en argent, des bagues,
et des boucles et pendants d'oreilles.
Deux mois avant le mariage, l’entremetteur accomplit la cérémonie de la fixation du mariage ( nyi-hè ti yi — aller fixer le jour). Pour cela, il vient d’abord chez le garçon, d'où, après un repas fait en famille, il se rend chez la fille indiquer le jour du mariage. Il porte: une pièce d’étoffe, 1/ 10e d’once de fil à coudre» 2 mesures de vin.
Vie psychique des Lo-los.
La veille du mariage, un ami de la famille porte chez la fille une chèvre de 20 livres. Là on tue la chèvre. Si elle n a pas les 20 livres réglementaires, demain on apportera de quoi les parfaire.
Le matin du grand jour, l’entremetteur, ayant reçu pour sa peine deux mesures de vin et deux têtes de chèvres, porte chez la fillle : .
les 6 ou 7 taëls d’argent, les souliers (ou, le turban), les bracelets, bagues et boucles d’oreilles; avec en plus: huit livres de viande de porc,
vingt mesures de vin, et une livre de sel.
Il est accompagné du garçon, qui, en arrivant chez la tille, fait la prostration à ses beaux-parents, les remerçiant de lui avoir donné leur fille. La fille, elle, reste à la cuisine, elle ne doit pas voir son fiancé, ni réciproquement (cette dernière règle n’est guère observée cependant).
La famille de la fille donne alors un grand festin aux invités. Le repas est servi dans la cour sous des tentes.
On chante. Les vieux surtout se distinguent par leurs improvisations.