VII. Vêtements et parures
auteurs chinois, parlant de ceux du Koui-tcheou et de l’est du Yun-nan, écrivent: «Les hommes (tant chez les Noirs que chez les Blancs) lient leurs cheveux en une touffe avec une étoffe bleue, et l’attachent sur le front comme une corne»*.
Cette corne, à ma connaissance, n'est plus portée de nos jours que par les Lo-lo du Léang-chan. Voici à cet effet ce que m’écrit le P. Martin: «Ici, les Noirs, les Blancs et les Esclaves portent la corne, mais seulement quand il leur plait, et surtout quand ils veulent s’habiller solennellement.
«Porter la corne, se dit: Dzeu tyé t’i , m. à m. «chevelure enroulée enrouler». C’est une injure sanglante que de prendre un Lo-lo par sa corne.
«Tous les Lo-lo, meme les Indépendants, se rasent la tête, et tressent leurs cheveux d’une tresse unique. C’est cette tresse qui est érigée en forme de corne, soutenue dans le turban. Le plus souvent, sauf toujours évidemment dans les grandes occasions, ils enroulent leur tresse autour de la tête, jamais, ils ne la laissent pendre derrière comme les Chinois.»
Les auteurs chinois nous signalent encore une autre vieille coutume lo-lo, celle de porter les longs favoris et de se raser la barbe au-dessus de la bouche! Cette coutume existe encore chez les Ou-lou p’ou du pays de Lo-p’in tcheou et chez nombre d’autres Lo-lo des pays frontières Yun-nan-Koui-tcheou.
Ceci dit, venons-en aux vêtements et parures des Lo-lo p’o.
Chez eux, tous les habits des deux sexes étaient en chanvre, il n’y a pas fort longtemps encore.
Les Chinois se moquent facilement des gens habillés de chanvre, aussi cette étoffe disparaît de plus en plus, surtout dans la plaine, pour faire place aux étoffes chinoises. C’est du reste moins coûteux et moins pénible. Ainsi, dans la plaine de Kou-ti, au lieu de filer et de tisser le chanvre, les femmes lo-lo préfèrent passer leur temps à tresser des sandales en paille qu'elles vendent, 8 sapèques la paire, aux marchands chinois de P’in-tchouan kai, qui, eux, les revendent 13 à 15 sapèques, la paire.
* v, Cordier, l. c. p. 5 et suiv.
Vie physique des Lo-los.