L’industrie en général
Le Lo-lo p’o fabrique lui-même tous ses instruments ou ustensiles en bambou ou en bois.
Tout ce qui est en fer est acheté chez les Chinois. Il existe, il est vrai, quelques rares forgerons dans la tribu, mais ils ont appris le métier chez les Chinois.
Certains Lo-lo p’o, en particulier ceux du pays de Kou-ti. fabriquent des couvertures en feutre qu’ils vendent aux Chinois. Ils vont même au loin pendant plusieurs mois de l’année fabriquer de ces feutres à domicile jusqu’aux pays de Kin-tong.
Chaque village possède quelques charpentiers ou menuisiers.
A une certaine époque de l'année, surtout avant la coupe du riz, les hommes vont à la montagne piocher un tubercule (ta peu == tubercule du sapin), qu’ils vendent aux Chinois à raison de 70 a 80 sapèques la livre. Ce tubercule est appelé fou-lin 4 par les Chinois. Le P. Perny* traduit fou-lin par Pachyma cocos. Les Lo-lo comme les Chinois disent que ce tubercule pousse naturellement au bout des racines des vieux sapins de 50 cà 100 ans d âge. Us serait produit par l’écoulement et l’infiltration de l’eau, le long du tronc de l’arbre. Les Européens, voyageurs en Chine, disent que le fou-lin chinois est la Smilax china , plus communément appelée «Squine».
v. Appendice du Dictionnaire Français. Latin -Chinois. Paris 1872.
Vie physique des Lo-los.
J’ai déjà parlé de l’élevage des cochons. Je n’y reviendrai pas ici.
D’aucuns Lo-lo se livrent, à leurs moments libres, à la chasse du daim musqué. Le musc pur est vendu aux Chinois au prix de 5 à 7 taëls l’once. Ceux-ci le revendent à Ta-li 18 à 20 taëls l’once, et les commerçants de Ta-li d’une poche en font deux qu ils vendent 20 taëls l’une. Et il paraît que c'est ce dernier muse frelaté qui est le plus prisé à Paris.
Quand, pour les fêtes, les Lo-lo ont besoin de quelques sapèques, ils vont vendre un boisseau de maïs, sur le marché de P’in-tch’ouan.
Ajoutez à cela le commerce des sandales en paille fabriquées par les femmes du pays de Kou-ti, et vous aurez une idée de tout ce qui concerne l’industrie et le commerce dans la tribu des Lo-lo.