Instruments de musique
1° P’ eu-nya. — Instrument fait d’une courge sur laquelle sont emmanchés cinq tubes en bambous, percés de trous.
On prend, pour ce faire, une courge-calebasse ( meu-p’eu ), mesurant 0m06 de long et 0m 20 de diamètre. On garde le bout de la tige de cette courge (meu-p’eu lè-veu) qui sert d’embouchure (p eu-nya meu-deu).
On perce cinq trous sur la partie supérieure de la courge, et cinq autres trous correspondants à la partie inférieure. On enfonce cinq petits bambous (p’ eu-nya mo-tcheu) percés de part en part, le bout des bambous arrivent juste à la partie percée inférieure de la courge.
Un premier bambou mesure, à partir de la partie supérieure de la courge, 0m 07 de haut. 11 porte un petit trou (t’a-dou), de côté, à la base.
Un second bambou mesure 0m09, avec un petit trou à la base, et un autre trou carré, de côté, en haut.
Un troisième bambou mesure 0m 11, avec un trou rond à la base et un trou carré en haut.
Un quatrième bambou mesure 0m 15, avec un petit trou en bas et deux trous carrés en haut.
Un cinquième mesure 0m 17, avec un petit trou au milieu, de côté.
Pour plus d’harmonie, on ajoute une toute petite courge, avec un grand trou à sa partie supérieure, enfilée dans le grand bambou.
2° Lè g a. Lè p è. — Petite palette en bambou dans laquelle est découpée une languette.
L’une lè ga se compose d’une seule palette. Près de la languette, une petite ficelle. On tient avec la main l’instrument du côté opposé à la languette. On l’applique presque sur les dents, la bouche ouverte. De l’autre main, on tire la ficelle par petites saccades, et la bouche servant de caisse sonore, on obtient par inspiration, des sons différents, doux et plaintifs.
L’autre lè pè se compose de trois petites - palettes sans ficelle. On tient l’instrument de la meme façon que pour la
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Vie physique des Lo-los.
lè ga. Et à l'aide de 3 doigts, on fait vibrer tour-à-tour les languettes.
Cet instrument de musique est en la possession de tout le monde, hommes, femmes, enfants, jeunes et vieux. On le porte, attaché à la boutonnière, renfermé dans un étui en bambou.
Jouer de cet instrument est un véritable art. A la seule audition de ces sons doux et plaintifs, les auditeurs comprennent les sentiments exprimés par le musicien. C’est un art, mais un art, dont moi personnellement, je n’ai jamais pu deviner le sens. Je ne puis donc entreprendre de l'expliquer.
3° Shyé-tseii , guitare à 3 cordes. — Seuls quelques jeunes gens en jouent. On s’en sert parfois pour les danses.
4° Djo-lou, flageolet. — C’est un bambou de 0m 25 à 0m 30 de long, sur 0m 04 de circonférence. 11 est bouché évidemment à la partie supérieure.
Dans le haut, l’embouchure (djo-lou meu-deu) qui est un trou carré; dans le bas, 6 petits trous ronds (djo-lou t’a-dou) pour les doigts.
De plus, chaque village possède en commun:
1° Deux trompes chinoises, appelées ho (corruption du chinois hao L), ou aussi beu-la-mo.
2° Un tam-tam (tcha-la-mo).
3° Deux clarinettes chinoises à pavillon de cuivre (sa-la).
Les cymbales chinoises (po-po-tcha).
ARTICLE II
Poésie. — Chansons.
Les Lo-lo p'o, hommes et femmes, aiment à chanter. Les chansons sont de deux sortes.
D’abord celles, amoureuses (bo-bo shya). On ne les chante, ou plutôt on ne les improvise qu’à la montagne. Une fille chantera devant une fille, mais jamais devant un garçon. Si le garçon est plus loin et qu’il entend, il n'y a pas de mal cependant. De même, un garçon ne chantera pas tout près d’une fille. Quand un sexe veut exprimer ses sentiments à l’autre sexe, face à face, on se sert de la lè ga ou de la lè pè.
Les autres chansons, mi-go k’oa, célèbrent des scènes de toutes sortes. Le soir, à la veillée, les vieux et les vieilles, excellent dans ce genre.
Les vers sont généralement de cinq pieds, chez tous les Lo-lo. Les Lo-lo p’o cependant, eux, n’observent pas toujours scrupuleusement la mesure.
Le rhythme, chez eux, d’abord bas, s'élève insensiblement, pour devenir perçant, restant toujours doucement harmonieux, quand même.
La musique est fort simple, et les airs très-peu variés.
Le P. Badie, un artiste-musicien, a bien voulu me noter un air lo-lo, le plus connu dans la tribu des Ou-/ ou pou à Pé-cheu-ngai. Je le reproduis ici:
Fè ngé ta fè ngè ; Leu nyi fila nyi nè; Leu
TV
m TJ
nyi ma tsi deu; H la nyi ma geu deu.
Les Lo-lo chantent tout, improvisent sur tout. Je veux donner ici quelques spécimens des chansons de la tribu des Lo-lo.
Je noterai d’un côté les paroles lo-lo, avec en regard la traduction littérale, et en tms une traduction plus large. Les mots soulignés sont des chevilles.
lère Chanson.
Enfant restée à la maison, tandis que sa mère est allée aux champs.
(Ta-t’ou.)
A- moi
A-mo djo nè n’do bè!
Té-la bè do?
Pè-cheu nyi!
Té-la bè n’do?
Pè-cheu nyi!
Va cho ouo riouo, nsè!
N go sya y a tcha-ma té-ta!
N go nyi-to, nyi-lo;
Y a n’ té-la! A-mo!
Mère!
Mère aimer on ne peut davantage Reviendra-t-elle? [séparer !
Je n’en sais rien!
Ne reviendra-t-elle pas?
Je n’en sais rien !
Elle trouver avoir ne pas avoir, ne pas Moi penser elle vite revenir ! [ sa voir ! Moi s’asseoir, s’asseoir;
Elle ne pas revenir! Mère!
Ah ! Mère chérie !
Cette bonne mère, qui j’aime on ne peut plus, j’en suis séparée! Va-t-elle revenir?
Qui le sait!
Ne va-t-elle pas enfin revenir?
Qui saurait le dire!
A-t-elle trouvé ce qu'elle est allée chercher? Je me le demande Je crois sans cesse qu’elle va bientôt revenir!
J’attends, j’attends toujours!
Et elle ne revient pas! Ah! Mère chérie!
Ta-t’ou .
2ème Chanson.
Jeune fille laborieuse. ( Zo-mè zo.)
Kou-peii, ta no-djo! Coucou, sapin entendre!
Mo no ya n’djo! Mère oreilles lui ne pas entendre!
N eu no y a-lo djo! Tille oreilles lui entendre!