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Figurines des ancêtres

Nè-ts’eu. — Nè signifie de bois taillé à la hache.

Et en effet, chez les Lo-lo

«esprit», ts’eu désigne un p’o, ces figurines sont de

morceau

grossiers

moi ceaux de bois, représentant vaguement un homme.

A la inoit de son père, le fils en taille une, une autre également à la mort de sa mère, et on les dépose dans un endroit quelconque de la maison, ordinairement dissimulées sur une latte du toit.

Le fils mort, le petit-fils brûle les figurines de ses grandsparents, pour les remplacer par celle de son père. Si dans la famille, il n’y a plus ni fils ni fille, on ne fait pas de figurine.

Au pays de Ivou-ti, on ne détruit pas les figurines, on les gaule toutes. Là, on les taille, après l’enterrement, auprès du tombeau, et de suite la figurine est apportée à la maison, où le sorcier récite une formule qui se résume en ceci:

«Tu es mort, tes enfants ne peuvent plus te voir!

Ils t’ont fabriqué une figurine, Ainsi, ils garderont ton souvenir!

Avec tes enfants, tous tes parents viennent te saluer. Jamais tu ne devras les haïr!

A tous tes enfants, garçons, filles, grands et petits, Tu ne devras jamais faire de mal!»

Vie psychique des Lo-los.

D’après les Lo-lo p’o, une mère était allée à la montagne avec son fils. L’enfant battait le sarrasin que la mère criblait ensuite.

Après avoir bien travaillé, l’enfant, voulant satisfaire un petit besoin naturel, s’enfonça dans la forêt. Sa mère ne le voyant pas revenir, se mit à sa recherche. Elle ne le trouva pas, mais elle s’aperçut que son fils avait disparu dans un trou, creusé sous les racines d’un grand arbre.

La mère pleura amèrement, et elle prit un bout de racine de cet arbre. Toujours elle le porta avec elle, en souvenir de son enfant.

L’acte de cette mère pieuse donna naissance à la fabrication des figurines à la mort des parents.

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