III. Religion des Lo-los
3° On fait des sacrifices sur les tombeaux (mi-sè t’i), une fois chaque année, à n’ importe quel jour de la 3e lune. C’est,
dit-on, une imitation des Chinois. On dit aussi du reste «li-bè nyi = visiter les tombes», en chinois chang fen8.
4° A cette occasion, on fait une autre superstition, celle du dzo
shyé = offrir du riz, en chinois hien fan 9. Cela consiste tout
simplement à déposer un bol de riz sur la tombe.
5° Il existe un sacrifice tsè t’i pour les personnes mortes de mort violente, comme les noyés, les pendus, etc.
6° Le genre de superstition, appelé chez les Chinois kiao honen 10 = rappeler l’âme, se divise en trois espèces chez les Lo-lo p’o: 1° Vi-shyo ts’eu ou vi-shyo k’ou — appeler l’âme, superstition qui se fait pour les maladies de frayeur. 2° Vi-shyo von
— reprendre l’âme, se fait pour l’enfant malade dont l’âme est supposée être partie sur la tombe de son père défunt, il s’agit donc d’aller la rechercher. 3° Vi-shyo tso = remplacer l’âme, se fait également pour l’enfant malade dont l’âme est supposée avoir été emmenée le soir par un esprit chinois on lao-yé.
Restent enfin, les superstitions consistant:
7° A faire brûler des bâtonnets d’encens hen-ti tch’en , en chinois chao hiang 11 . On en brûle les 3 premiers jours du nouvel an, le 15 de la lere lune, le 14 de la 7e lune, et quand quelqu’un est malade dans la famille, Les riches en brûlent même tous les jours.
8° Ou à faire brûler des papiers en argent ta-vi tch’en , en chinois chao tche 12.
Les Lo-lo p’o n’en font guère usage cependant, sauf peutêtre ceux voisins des Chinois, et seulement à la 3e et à la 7e lune. Les vieux défunts sont censés n’avoir pas d’argent dans l’autre monde; on leur en brûle donc deux fois par an.