Divination
Le sorcier, descendu de l’échelle, retourne à ses poussahs et consulte les sorts. Il possède à cet effet deux petites planchettes, un peu plus longues qu'un domino. Il est remue (ta san ko lia) 1,5 et les laisse retomber. Si les deux retombent sur la face inférieure, c’est yang koua 17 = principe parfait, bon signe: la maladie, ou l’épidémie va finir. Si elles retombent, l’une d’un côté, l’autre d’un autre, c’est yn koua 18 = principe imparfait, mauvais signe: les esprits ne sont pas contents, l’épidémie ne cessera pas de sitôt.
Si les deux retombent sur la face supérieure, c’est chen kouaw — indécis.
11 n’y a que les sorciers qui se livrent à la consultation des sorts. Et remarquez que le touan-kong 20 chinois opère de la même façon.
Il est une chose du reste qui me laisse rêveur. Les auteurs chinois insistent avec force sur la science et le rôle des sorciers chez les Lo-lo. Gomment se fait-il alors que les sorciers lo-lo se servent généralement des méthodes chinoises? Auraient-ils perdu leurs vieilles méthodes indigènes? Chose curieuse: leurs formules sont en lo-lo, et presque tous les noms d’esprits sont en chinois; même chez les sorcières, qui cependant ne savent pas parler chinois.
Les sorciers lo-lo p’o tirent aussi les sorts avec des jaunes d’œufs versés dans un bol d'eau.
Enfin, quelques rares particuliers ont aussi l’habitude de consulter les sorts avant d’entreprendre un voyage. Pour ce faire, on tue une poule. Aussitôt qu'on lui a percé le cou, on la laisse tomber à terre, et selon qu’elle meurt, la tête retombée à droite ou à gauche, on se décide à entreprendre le voyage ou non.