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Superstition des planchettes. (l*è VL

Avec celle des couteaux, c’est une des grandes superstitions en vogue chez les Lo-lo p’o.

Les Chinois et les Min-kia de P in-tch’ouan la désignent du terme de tso pei 21. Quoique connaissant la chose, ils ne la pratiquent pas. Ils ridiculisent même les Indigènes à ce sujet. Chez eux, cette pratique est remplacée par le tch’e tchai 22, c’est-à-dire, abstinence de viande pendant 2, 3, 4 et même 5 jours.

Chez les Lo-lo p’o, le pè t’i ne peut se faire qu’aux 9e, 11e ou 12e lunes, et à un jour lo-tigre ou myo = singe. Les familles dont la récolte a été mauvaise, ont alors recours au sorcier pour faire cette superstition.

On va d’abord à la montagne, où l’on coupe des branches de différents arbres, dont on fait 6 pè-goa (en chinois mou-kè 23). Ces 6 pè-goa (planchettes) représentent 3 hommes et 3 femmes, à savoir:

Le Ciel et sa compagne,

La Terre et son compagnon,

Le Genre humain et sa compagne.

On taille de plus 72 autres planchettes représentant des bonshommes.

Au jour fixé, de grand matin, au chant du coq, le sorcier dépose les 6 pè-gou dans un boisseau à moitié rempli de riz nondécortiqué. Ce boisseau est déposé au grenier, sur une table, où le sorcier brûle des bâtonnets d’encens et récite ses formules.

Ceci fait, a lieu le repas du matin, où l’on ne peut manger que des légumes.

Table et boisseau sont alors apportés dans la cour, où Ton tue un cochon, une chèvre et une poule, pendant que le sorcier prie toujours.

Devant la table, on fixe en terre, en ligne droite, les 72 bonshommes. Auprès de la table, on plante une grande perche, au haut de laquelle on attache un semblant d’épervier. La cérémonie terminée, on jettera cet épervier que les enfants devront se disputer.

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