III. Religion des Lo-los
Aux pieds de la table, on dépose également 1° un semblant de buffle, 2° une meule à moudre le grain, 3° un mortier à piler le riz, le tout, pétri avec de la boue.
A midi, a lieu le second repas, où l'on ne peut manger que de la viande crue.
Puis le sorcier se remet à prier, jusqu’au repas de quatre heures. C'est alors un vrai festin, où l’on mange de la bonne viande bien cuite et bien préparée.
A la nuit, on mange des pains fourrés au miel. Les 6 pè-gou sont alors déposés sur le toit de la maison, les 72 bonshommes sont portés au loin à la montagne.
Les formules très-longues récitées à cette occasion par le sorcier sont fort intéressantes au point de vue linguistique; elles sont en vers de 5 pieds, comme les chansons. Au point de vue religieux, elles n'offrent aucun intérêt; elles semblent accuser, sinon une origine chinoise, une origine au moins récente. Elles se terminent toujours par une espèce de prière, qui se réduit à ceci:
O vous, Ciel mâle et Terre femelle,
Vous voyez telle famille dont les greniers sont vides!
Voyez et ayez pour agréables, cochon, chèvre, poule,
A vous tués par cette bonne famille!
En retour, faites que ses paniers et ses greniers Se remplissent dès cinq céréales!
Que les bœufs et les chevaux emplissent ses écuries!
Que les chèvres emplissent ses étables!
Que les poules emplissent son poulailler!
A cette bonne famille,
N’envoyez ni souffrance ni maladie!