L'ŒUVRE DRAMATIQUE
Dans le cadre étroit d'une centaine de pages oii se limite le présent volume, il devenait matériellement impossible d'étudier par le menu la production d un auteur comme Auber. chez lequel la fécondité n'est pas le moiiidre des mérites. Quarante-huit pièces constituent son bagage dramatique. Je me suis im[)Osé le devoir, et j'ajoute que j'ai goûté le plaisir de les lire, plume en main, chronologiquement; j'ai donc suivi, pour ainsi dire, pas à pas, le musicien dans sa carrièi-e. année [>ar année, œuvre par œuvre. Le résultat de ces observations n'est pas à dédaigner, et sera peut-être consigné quelque jour dans un autre ouvrage et sous une forme spéciale. Ici, je ne pouvais parler en détail de tous ces livrets et de toutes ces partitions; d'autre part, je ne voulais point borner mon examen à celui de quelques opéras, les plus célèbi'cs ou les plus typiques ; je me
suis donc arrêté à une sorto de moyen terme. J'ai jiréféré montrer riiomme et l'artiste en l'ensembie de sa vie et de ses travaux; j'ai tâché de caractériser sa manière el je n'ai pas craint de louer ses mérites. Quant à ses œuvi'es. je me résigne à une sèche et froide énuméralion, qui aura l'avantage d'olfrir aux yeux, sous l'aspect le plus claii- et le plus pratique, toute une série d'indications sommaires et de détails utiles, savoir : titre. lit'U ri date de hi première représentation, nom des personnages avec celui des artistes de la création, époque et lieu de l'action, morceaux principaux et particularités se rapportant au livret ou à la paitition, reprises et litlal des représentations.
Ceci n'est dmic pdiiil un cliapitrc à lire, c'est un répertoire à consulter.
I '. L'Erreur d'un moment, op. comique en un acte, paroles <lc -Monvel (1805). Salle Doyen, rue des Francs-Juges, au Marais. Théâtre de société, interprètes amateurs. Partition inédite, liùlcs : Saint- Aime, Lucas, paysan. La Fleur, valet de chambre de Saint- Alme; Julie, femme de Saint-Alme, Calau, femme de Lucas, Louison, femme de chambre de Julie.
Une chaumière, .wiir' siècle. — l^arlition inédite.
H. Coucin, op. comique en trois actes, paroles de ^'épomucène Lemercier (1812\ Théâtre du château de Chimay ;Belgique, . Interprètes amateurs : le prince de Chimay. la princesse de Chimay, M™'' Pauline Duchambge. Personnages : le comte, le marquis de Couvin, Jacqueminard. Berlhol, Bazelaire. un pâtre: la Comtesse. Florine.
' Le chidre des représentations est celui que les ouvrage» ont obtenu a Paris seulement; pour ce relevé nous avons consulté avec prolît. comme tous ceux qui ont à s'occuper de ces matières, le tableau précieux qu'Albert Soubies a publié sous ce titre : « Soixante-neuf ans à V Opéra-Comique en deux pages ».
M'"" PIIADHER
{Actéori. le Cheval de bronze
La Fiancée, Fiorella,Léo-
cadie. Leicester, Les-
tocq , Le Maçon ,
La Neige.)
M""" CliNTI-UAMOHEAU
Actéon , l'Ambassadrice,
Le Dieu et La Eayadère,
Le Domino noir, La
Muette de Parti-
ci, Le Philtre ,
Le Serment,
Zanetta] .
m"» noblet
(LaMuette de Portici, LeDieu
et la Bayadère).
il"" JENNY COLON
IL' Ambassadrice, Le Timide).
jlllo PKÉVOST
[Les Chaperons blancs, Fra Diavolo).
PItINCIPALES AUTISTES AYANT CREE LES OUVRAGES DAUBE H
Belgique, époque des Croisades. — Partition inédite. Total des représentations : il.
III. Le Séjoiii' militaire, op. comique en un acte, paroles de .l.--\. Bouilly et Dupaty. Salle de la rue Fejdeau. 27 février 1813.
Interprètes : Gavaudan (colonel baron de Saint-Eugène), Huel icapitaine d'Horicourt), Darancourt (lieutenant Desparmont). Baptiste (lieutenant Dorainval), Ponchard (sous-lieutenant Courville). Gontliier (sous-lieutenant Duvallon), Le Sage (Francisque, garçon dauberge); M'^^"" Gavaudan, Joly Saint-Aubin (M*"'' d'Horicourt, un jockey), Belmont (M""^ Fritz, aubergiste). Pièce militaire et carnavalesque.
Alsace, environs de Strasbourg, époque du premier Empire.
Quatre airs à couplets, un trio, deux ensembles, point de chœurs.
Joué de 1813 à 1819. 16 lois; repris en 1826. 10 fois. Total des re[)résentations : 26.
IV. Le Testament et les Billets doux, comédie mêlée de chants, en un acte, paroles de Planard. Salle de la rue Feydeau. 18 septembre 1819.
Interprètes : Vizentini .M. de Morinval;. Lemonnier (Morinval. neveu), lluet Gernance, ami de Morinval), Moreau (Adolphe Serrefort, procureur); .M'"'- Uuret (M'"'- Dorfeuil), W" Palar (Amélie, lille de M. de Morinval), M"'' Uesbrosses (Ihotesse).
Paris, époque de la Bestauration.
Deux trios, un duettino, quatre ariettes à couplets ou eu rondo, un ensemble linal, point de chœurs.
Partition et livret également faibles. Pas de reprise. Total des représentations : 12.
y. La Bergère châtelaine, op. comique en trois actes, paroles de Planard. Salle de la rue Feydeau, 27 janvier 1820.
Interprètes : Iluet (duc de Bretagne), Paul (comte de Montfort). Darancourt (le grand bailli), Vizentini (le bailli), Moreau (Bobert), Mada (un écuyer); M""" Boulanger (Lucette, bergère). M"'- Desbrosses (la mère Berthe), M"'- Palar (Louise, lilleule du liailli'.
Bretagne, moyen âge.
Livret naïf; plusieurs mélodies agréables, dont une ronde, popularisée par le vaudeville; air du comte dont Bossini semble s'être souvenu dans un passage de Guillaume Tell; ouverture avec imitation du tic-tac du moulin ; final du second acte redemandé.
.loué, de 1820 à 1824, 46 fois; reprise en 182u, 5 fois, en 1828, 4 l'ois. Total des représentations : oli.
VI. Emma ou la Piomes>^e imprudente, op. comique en trois actes, paroles de Planard. Salie de la rue Feydeau, 7 juillet 1821.
Interprètes : Chenard liaymond, vieux fermier), Lemonnier et Dupont [Edmond et Charles, fils de Havmond\ Paul (le baron), Yizentini (l'intendant) ; M""^" Paul ^M"^'- Palmer. jeune veuve), Leclerc et Kigaud (Louise et Emma, pupilles de Raymond), Ponchard (Juliette, femme de chambre\ Boulanger (Rose, servante de Raymond).
Allemagne, époque de la Restauration.
Livret assez intéressant, plein d'émotion et de sensibilité. Ouverture agréable ; rôles de la servante et du vieux père bien traités ; plusieurs mélodies bien venues, dont l'air final d'Emma.
.loué sans interruption, de 1821 à 1832. sans reprise ultérieure. Total des représentations : 181.
VII. Leicester ou le Château de Keniluorth, op. comique en trois actes, paroles de Scribe et Mélesville. Salle de la rue Feydeau. 2o janvier 1823.
Interprètes : Iluel Uudlay, comte de Leicester), Ponchard (sir Waller Raleigli). Darancourt (Hugues Robert"^. Desessart (intendant de Leicester) : M'"''^ Lemonnier (Elisabeth, reine d'Angleterre), Pradher (Ani}- Robsart , Boulanger (Cycili. suivante dAmy).
Ecosse, xv^' siècle.
Livret tiré du roman de ^^'alter Scott. Partition teintée de rossinisme et sans originalité.
Joué sans interruption, de 1823 à 1828. sans reprise ultérieure. Total des représentations : 60.
VIII. La ISeige ou le Nouvel Efjinhard. op. comique en quatre actes, paroles de Scribe et Germain Delavigne. Salle de la rue Feydeau, 8 octobre 1823.
Interprètes : Ponchard .comte de Linsberg). Huet (prince de Xeubourg). Darancourt (grand-duc de Souabe), Duvernoy marquis de Valborn\ Vizentini (Wilhelm, jardinier). Granger (un valet ; ^jiu.s pi-adher (Louise, fille du grand-duc), Rigaud (SV-^'-' de Wedel, fille d'honneurdela princesse). Desbrosses (comtesse de Drakenbach).
Allemagne, Souabe, époque de la Restauration.
Livret agréable. Influence rossinienne, excessive dans les deux rôles de Ponchard et M'"' Rigaud. Cinq trios, sur quinze numéros de la partition, tous bien scéniques ; grand final au second acte ; ronde du jardinier c Lorsque l'hiver » devenue populaire.
Joué sans interruption, de 1823 à 1831, 14:') fois: reprise en 1840- 1841 , 31 fois. Total des représentations : 176.
l.\. Vcndùine en Espagne, drame lyrique en un acte, paroles de Mennpchet et Empis. Académie royale de musique (salle de la rue Le Peletier}, 3 décembre 1823.
Interprètes : Nourrit père (Philippe V, roi d'Espagne), Derivis [duc de Vendôme). Adolphe Noiu-rit (Gaston, colonel français), Bonel (Alvar, général espagnol). Dabadie (Lopez), Prévost (ofïicier espagnoT ; 31'"'" firassari (la reinei, .M"'- Jawiu-eck 'Inès, batelière).
Tolède, 171U. Pièce de circonstance, pour fêter le retour victorieux du duc d'Angoulème. après la guerre d'Espagne.
Musique écrite en collaboration avec Hérold. Chacun des compositeurs utilisa, plus lard, dans d'autres ouvrages certains morceaux de la partition. L'ouverture, écrite par Auber. devint celle de Fra Diaiolo.
Total des représentations, sans reprise ultérieure : 7.
X. Les trois Genres, prologue en un acte, paroles de Scribe. Théâtre roval de l'Odéon, '11 avril 1824.
Interprètes : Bernard [M. de Verte-Allure), Grignon . Fernand) ; M'"- Florigny (.M'"" de Verte-Allure).
Paris, 1824.
Impromptu en forme de revue, pour inaugurer la nouvelle direction du Ihéàti'e, qui voulait exploiter, tout ensemble, la tragédie, la comédie et l'opéra-comique. Deux airs composés par Boieldieu, et un duo composé par Auber. formaient toute la partition. L'un des deux airs » La belle chose qu'un tournoi » devint « Ah! quel plaisir d'être soldat ! " dans la Dame blanche, et le duo, très spirituellement traité, fut replacé, presque avec les mêmes paroles, dans Ftorella.
Total des représentations : 1 1 .
-\I. Le Concert à la Cour ou la Débutante, op, comique en ini acte, paroles de Scril)e et Mélesville. SuUe de la rue Feydeau. ;{ juin 1824.
Interprètes : Lemonnier (Frédéric, prince de W'urlemberg), i'onliiard (Victor, peintre et musicien), Vizentini (Astucio, surintend;int de la musique du prince) ; M'""" Higaud (Adèle, prima donna), lioulanger (Carline, femme d'Astucio).
Stuttgart (Allemagne), époque de la Restauration.
Livret amusant et musique spirituelle. Les contemporains reconnurent dans le signor Astucio une caricature méritée, disaiton, du compositeur Pacr. Grand air à vocalises, longtemps célèbre «■ Entendez-vous au loin rardiet do la folie ». parodie du style italien alors à In mode. Gouplels piijuiinls cl final bien traité.