ORDRE P
ACCIPITRES, ACCIPITRE8.
Caractères principaux.
Bec court, robuste, comprimé; mandibule supérieure couverte à sa base d'une cire nue ou garnie de poils rudes, dans laquelle sont percées les narines; mandibule inférieure droite, à bassin profond.
Pieds forts, musculeux, courts ou de moyenne longueur, emplumés jusqu'au talon ou jusqu'aux ongles.
Doigts très-flexibles, très-propres à saisir, verruqueux sous les jointures; trois devant, un derrière; les antérieurs entièrement séparés, ou les deux extérieurs unis . à la base par une membrane ; ïexterne se portant naturellement de côté, ou même en arrière ; le postérieur articulé au bas du tarse, sur le même plan que les antérieurs.
Ongles mobiles, rétractiles, allongés, crochus, trèsacérés.
Caractères accessoires.
Yeux sur les côtés ou dirigés en avant.
" Doués d'un vol puissant et d'armes redoutables, les accipitres sont la terreur des petits mammifères et des petits oiseaux, Ils occupent dans leur classe la place des carnassiers parmi les quadrupèdes : tous sont carnivores. Les uns préfèrent les charognes, les autres poursuivent les animaux vivans : quelquesuns se nourrissent principalement de poissons et de reptiles ; les petites espèces recherchent aussi les insectes.
Les endroits les plus solitaires ou les plus inaccessibles sont ceux dont ils font choix pour y éta« blîr leur nid. Le nombre des œufs n'excède jamais celui «de quatre. Les petits, dès leur naissance, prennent eux-mêmes la nourriture qui leur est apportée par le père et la mère, et ne quittent le nid qu'en état de voler.
De tous les oiseaux ce sont ceux dont le plumage, dans les différentes circonstances de leur vie, pré* sente le plus de variations et qui offrent le plus de difficultés pour constater l'identité des espèces. '
Les femelles sont d'un tiers plus grosses que les mâles. Les accipitres vivent par couples isolés, et tous sont monogames. Leur estomac, suivant M. Cuvier, est presque entièrement membraneux ; leurs intestins sont peu étendus ; leur coecùm est très-court ; leur sternum large est complètement ossifié, pour
VAUTOUR. PL. II. $i$
donner aux muscles ^e l'aile des attaches. plus étendues ; et leur fourchette, demi-cîrculaîre, est trèsécartée, pour mieux résister dans les abaissemens violens de l'humérus, qu'un vol rapide exige.
Genre VAUTOUR {Vultur, Cuv., ViEiLL., Temm., Bbiss., Lin., Lath.; JBgypiuSt Savig.).
Caracth'es principatue.
Bec droit, allongé, comprimé latéralement, convexe en dessus, gros ou grêle; mandibule supérieure couverte d'une dre à sa base et courbée seulement vers le bout; Vinfèrieure droite, arrondie et inclinée à sa pointe ; narines nues, lunulées ou arrondies, transversales ou longitudinales.
IjANGUE canaliculée, bordée d'aiguillons ou sans aiguillons, échancrée à son extrémité.
Bouche fendue jusque sous les yeux.
Tarses réticulés.
Doigts au nombre de quatre, verru queux en dessous ; trois devant, un derrière; les extérieurs réunis à leur base par une courte membrane; V intermédiaire très-long; le postérieur articulé au bas du tarse sur le même plan que les antérieurs.
Ongles faiblement arqués.
Caractères accessoires.
Ailes longues; la première plus courte que la sixième; la
quatrième la plus longue.
Jahot formant saillie au-dessus de la fourchette, et couvert
d'un duvet touflfu
Tête et cou en partie dénués de pluniea; yeiuc à fleur cfe tête.
Les vautours ont un fades bien tranché qui leur est propre et qui les distingue de tous les accîpitres. Ce sont des oiseaux lâches, voraces et cruels, qui se nourrissent bien plus de charognes que de proie vivante : la corruption, et Tinfection les attirent aulieu de les repousser. Dans les pays chauds, tels que rÉgypte, où ils sont très-nombreux, ils rendent des services essentiels aux habitans, en purgeant la terre d'immondices, des débris de cadavres qui, en se putréfiant, infecteraient Fatmosphère. La conformation de leurs pieds ne leur permet point de se servir de leurs serres pour enlever une partie de leur proie ; ils emportent dans leur ample jabot la nour-^ riture, destinée à leurs petits, et la leur dégorgent dans le bec. Leur vue est perçante, et lorgane de Fodorat a acquis chez eux le plus haut degré de perfection ; il découle de leur narine une humeur fétide. Quand ils ont mangé, leur jabot forme une grosse saillie au-dessus de leur fourchette.
La mue est simple.
Les vautours sont les seuls oiseaux de proie qui volent et vivent en troupes; ils nichent sur les rochers les plus inaccessibles.