‹ Audouin's Explication sommaire des planches d'oiseaux de l'Égypte et de la SyrieChapitre 2 sur 34 · PAR VICTOR AUDOUIN · texte numérisé non relu

PAR VICTOR AUDOUIN

Xjes oiseaux forment la seconde classe des animaux vertébrés ; ils sont ovipares et éminemment organisés pour le vol. Kair est leur domaine et leur élément naturel. De tous les animaux ce sont les plus habiles et les plus propres au mouvement; ils peuvent en peu d'instans franchir les espaces les plus considérables, parcourir plusieurs centaines de lieues en un jour, et s'élancer à des distances prodigieuses dans les régions les plus élevées de Tatmosphère. Tantôt

• "Voyez tome xxii, page m, la ont été fournis par M. J.-C. Savi- Note concernant Vexplication êom- ont jwwr f histoire naturelle db maire des planches dont les dessins l'ouvrage.

ou les voit monter, descendre, paraître, disparaître, tourner, voltiger en zîg-zag ; tantôt filer en droite ligne, décrire mille cercles, se jouer et se balancer avec grâce, raser la surface de l'eau ou de la terre^ se soutenir en l'air par une multitude de petits chocs ou trépidations, ou bien se perdre dans les nues et lutter contre les vents et les tempêtes. Tout en eux semble concourir vers ce but et contribuer à la près-» tesse des mouvemens : la légèreté de leur corps pé-» nétré d'air dans toutes ses parties, Tamplitude de leurs poumons, la nature des tégumens qui les re-* couvrent^ la forme de leurs ailes convexes en dessus^ concaves en dessous, leur grande étendue et la forcé des muscles qui les meuvent Ils sont bipèdes ; ils tiennent le corps incliné en avant et portent la tête éle^ vée. Leur intelligence est généralement moins perfec^ tiounée que chez les mammifères. Les organes pro^ près au vol sont toujours développés en raison inverse des organes propres à la marche, et vice versa : ainsi, les oiseaux qui ont le vol le plus puissant et le plus rapide, sont aussi ceux qui ont les pieds les plus courts, comme, par exemple, dans la plupart des accipitres, dans les hirondelles, les martinets, les pigeons, les pétrels, les mouettes, les sternes, les becs-en-ciseaux, les frégates, etc. ; tandis qu'au contraire ceux qui sont le plus favorablement conformés pour la marche ou la natation, ont tous les ailes courtes, peu proportionnées au volume de leur corps, ou n'ont que des rudimens d'ailes : tels sont, les gallinacés, les outardes, les autruches, les ca- H. N; xxiii. 19*

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9oars, les grèbes^ les plongeons, les manchots, etc.

Excepté dans quelques palmipèdes, la longueur du

eou est toigours en proportion de la longueur des

jambes.

Quelques familles se servent de leurs pieds comme organes de préhension, surtout celles dont les doigts sont divisés par paires : mais le bec tient lieu de main dans le plus grand nombre ; c'est avec le bec qu'ils Sîûsissent les substances propres à leur nourriture, qu'ils attaquent ou se défendent, qu'ils ramassent les matériaux nécessaires à la construction de leur nid. Le bec remplace les dents chez les oiseaux ; les deux mandibules sont revêtues d'une substance semblable à la corne, et composée de même par couches. La dureté de cette substance est très-variable; elle eât très-grande dans les oiseaux de proie, les perroquets, les pies, les fringilles, les loxies, etc.; moins solide dans ceux qui avalent leurs alimens sans inastication, ou qui vivent spécialement de fruits et d'insectes, et elle se change en une simple peau, de consistance molle, dans ceux qui se nourrissent de Ters et qui sont destinés à aller chercher leur nourriture dans la vase ou au fond de Teau, comme les pluviers. Tes vaimeaux, les courlis, les bécasses, les barges, les spatules, les ralles, les cygnes, les canards, les harles, etc. La forme des mandibules n'est pas moins variable que les tégumens qui les entourent; mais toujours ces variations sont en concordance avec la nourriture des espèces, et le naturaliste exercé peut tirer des indices certains sur

lès habitudes des oiseaux d'après Texamen de cette forme et du plus ou moins de solidité du bec.

Les oiseaux ont en général la tête petite et arti^ culée sur Tatlas de manière à pouvoir tourner la face antérieure tout-à-fait en arrière. ,

Le cou est composé d'un grand nombre de vertèbresy au moins neuf dans la plupart des espèces; ce qui lui donne la mobilité nécessaire pour se re-* ployer suivant les besoins de l'oiseau.

Les os de l'aile sont analogues à ceux qui forment la main des mammifères. Sur les doigts, s'attachent. les plumes que l'on nomme primaires, et qui sont toujours au nombre de dix : celles qui tiennent à Tavant-bras s'appellent secondaires ; les plumes scor ptUaires sont celles que porte l'humérus, et les bâtardes celles qui naissent sur le pouce. Comme il fallait une grande force pour mettre l'aile en mouvement et pour qu'elle pût résister au choc de lair, la nature y a pourvu en donnant un large plastron pour point d'appui aux attaches des muscles épais et robustes qui doivent en être les moteurs. Le sternum : ^t d'une grande étendue, bombé, muni d'une carène longitudinale, et très-convenablement conformé pour faciliter le libre développement des poumons dans la poitrine et permettre l'introduction d'une; grande quantité d'air, afin d alléger le poids de l'oiseau. Pins le sternum est développé en raison du volume du corps, plus les muscles pectomux sonti robustes et plus le vol de l'oiseau est puissant et ra-r; pide. Les clavicules réuniea entre èll^ en une àeule H.N. xxiii. 20

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pièce, près du sternum, en forme de V, qui tend à écarter les omoplates Tun de Tautre, aident aussi considérablement les muscles de la poitrine lorsque* Toiseau fait des efforts pour abaisser Taile pendant le vol.

La queue osseuse est très -courte, et supporte pareillement une ' rangée de plumes qui servent de gouvernail à Toiseau et contribuent à le soutenir dans le vol.

Le fémur est toujours plus court que le tibia, et s'articule à cet os, ainsi qu'avec le péroné, de la même manière qu'un ressort ; en sorte que Textension se fait sans effort pour les muscles. Le tarse et le métatarse sont soudés en un seul os plus ou moins allongé. Le pied des oiseaux est le plus ordinairement représenté par trois doigts en avant et un derrière, ou seulement trois devant ; quelquefois le pouce manque, et il est alors remplacé par le doigt externe, ou bien il se porte en avant, comme dans les colious et les martinets. Le nombre des phalanges va en augmentant, en allant du pouce qui en a deux au doigt externe qui en a cinq. Les muscles des jambes, dont les attaches sont fixées sur les os du bassin, sont forts et robustes ; les tendons de plusieurs d'entre eux descendent jusque sur les doigts, de manière que le seul poids des oiseaux suffit pour ployer les doigts. Ce mécanisme est indépendant de leur volonté, et explique comment ils peuvent se tenir perchés pendant leur sommeil.

L'organe de l'odorat est peu développé chez le plus ( 6 )

grand nombre des oiseaux; les Tautours et les corbeaux sont les seuls qui Taient trèsnlélicat.

Les sens de la vue et de Touîe sont ceux dont Tappareil est le plus perfectionné, particulièrement celui de la vue. Cette perfection était en quelque sorte commandée par la Titesse et la rapidité du vol dont les a doués la nature. Us peuvent ainsi calculer et mesurer la distance des trajets qu'ils ont à parcourir, et n'ont pas à craindre sans cesse de se heurter et de trouver des obstacles. Au reste, le plus ou moins de perfection de l'organe visuel est toujours en raison du plus ou moins de perfection de l'organe du voL Us voient également bien de près et de loin ; mais la trop grande dilatation de la pupille chez' les uns (les nocturnes), laisse entrer tant de rayons lumineux, qu'ils en sont éblouis et qu'ils ne peuvent voir que la nuit ou pendant le crépuscule. Le sens de Touïe est surtout très-développé dans les oiseaux de nuit et dans les oiseaux crépusculaires, tels que le plus grand nombre des échassiers et autres.

La langue a peu de substance musculaire et est couverte de papilles cornées : aussi le goût ne parait-il point délicat.

Tout le corps des oiseaux étant couvert de plumes, le toucher devait être le plus faible et le plus impartit de tous les sens. Les plumes sont d'une substance très -légère, et sont composées d'une tige cornée, creuse à la base; elles sont garnies de barbes, qui sont elles-mêmes, en quelque sorte, autant de petites

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plumes, et qui ont aussi une tige sur les côtés dé laquelle existent de petits crochets ou barbules. Ces crochets sont réunis entre eux, dans la plupart des espèces et des genres, de telle manière que Tair ne peut passer au travers : ils servent aux oiseaux à les préserver des variations continuelles de température auxquelles les expose leur passage rapide dans les diverses régions de l'atmosphère. La nature leur a en outre donné tme glande située sur le croupion, qui suinte un suc huileux dont ils se servent pour lubrifier leurs plumes en les passant alternativement dans leur bec, avec lequel ils ont préalablement comprimé et pressé la glande pour en retirer une partie du suc qu'elle contient; ce suc les pénètre plus ou moins profondément et les rend imperméables à l'humidité. Cette glande était surtout nécessaire aux oiseaux aquatiques ; aussi est-elle chez eux beaucoup plus développée, et peuvent-ils plonger et passer leur vie sur l'eau sans en être jamais mouillés.

Tout le monde connaît le chant varié des oiseaux,' la flexibilité de leur gosier et le charme de leur voix mélodieuse, ainsi que leur adresse et leur industrie non moins étonnante dans la construction de leur nid, et les tendres soins qu'ils prennent de leur progéniture. La ponte n'a lieu le plus souvent qu'une fois Tannée, mais quelques espèces en font deux et quelquefois trois. Le mâle, dans plusieurs genres, par-" tage avec la femelle les soins de l'incubation. Dans le plus grand nombre de cas, le mâle se distingué^

de la femelle par l'éclat, la vivacité et la variété des couleurs.

Tous les oiseaux, en général, muent dans la première année de leur âge, et les couleurs de leur plumage sont, dans la plupart des espèces, après cette première mue, très-diflférentes de ce qu'elles étaient auparavant Après ce premier changement il s'en feit un second, aussi considérable à la seconde et à la troisième mues, et ainsi jusqu'à ce que les oiseaux aient acquis leur entier accroissement et soient parvenus à l'état adulte ; c'est ce qui arrive, dans le plus grand nombre d'espèces, à la troisième ou à la quatrième année, comme dans les zygodactyles, les passereaux, les passérigalles, les gallinacés, les échassiers et les palmipèdes ; mais cela a lieu plus tard, et seulement à la cinquième ou même à la sixième année, dans les oiseaux de proie. On voit encore plusieurs espèces, tant indigènes qu'exotiques, chez lesquelles une double mue change annuellement deux fois les couleurs du plumage ; dans ce cas, la mue se fait en tout ou en partie, mais toujours à l'exception des plumes des ailes et de la queue. Cette double mue s'opère, dans plusieurs genres, chez les deux sexes ; dans d'autres elle n'a lieu que chez le mâle, et alors il prend en hiver le plumage de la femelle, qui est presque toujours celui des jeunes : ces derniers ont une livrée qui leur est propre quand les adultes mâles et femelles sont de même couleur. La nouvelle mue ou la mue de printemps ne se maintient que pendant le temps des amours. De tous les oi-

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seaux qui ne muent qu'une seule fois dans Tannée, les hirondelles et les martinets sont les seuls chez qui la mue ait lieu au mois de février ou de mars.

Sans qu'on en connaisse encore la véritable cause, les oiseaux émigrent périodiquement des régions glaciales vers les pays tempérés et chauds, et ceux des pays chauds vers les régions tempérées et polaires. C'est aux équinoxes qu'ont lieu chaque année ce flux et reflux d'oiseaux, du nord vers le midi et du mid vers le nord.

Les caractères d'après lesquels on distribue méthodiquement les oiseaux, sont tirés de la forme du bec et des pieds.

Les oiseaux sont divisés en sept ordres que l'on subdivise en familles, les familles en genres, et les genres en sections. Ces ordres sont : les oiseaux de proie (dccipitres), les zygodactyles {zygodactyU\ les passereaux (passeres), les passérigalles ou pigeons {pa38engaîli)y les gallinacés {gàllinacei), les échassiers {grcdlatores), et les palmipèdes [palmipèdes).

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