‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 11 sur 224 · V. plus haut. p. 1. note · texte numérisé non relu

V. plus haut. p. 1. note

6. Archives de Seine-et-Marne, fonds des grrcffcs. non in% entorié.

" . Dès 1727, le maréchal de Mati)fnon. dans une lettre à M. de Nicolay. président de la Chambre des Comptes, désif^ne le père de notre héros sous

rompue ', c'est ainsi que notre héros lui-même finira par se croire autorisé à rejeter complètement ce nom d'Auget qui sonnait mal et sentait de fort loin la l'otui'e, pour ne conserver que le nom de Montyon, qui rappelait du moins une terre seigneuriale et un château à tourelles Nous ne lui ferons pas grief de ces petitesses, nous verrons qu'il avait au cœur la vraie noblesse, celle qu'on ne peut ni acheter, ni hériter, ni prescrire. Mais nous devions, au début de cette étude, caractériser exactement la race d'où il est sorti, le milieu où il s'est développé : nous dirons donc qu'il était de souche essentiellement bourgeoise, qu'il portait un titre et des armes - dont on aime mieux sourire que disserter, et qu'à lout prendre, le plus illustre de ses ancêtres était encore ce personnage dont la Bruyère a écrit : » Sylvain, de ses deniers, a acquis de la naissance et unautre nom : il est seigneur f de la paroisse où ses aïeux payaient la taille. »

Aussi bien, nous allons maintenant retrouver, chez les Auget, tous les traits de mœurs ou de caractère qui distinguaient la bourgeoisie aisée à la fin de l'ancien régime.

Le premier et le plus saillant n'était pas tant l'amour des places et des dignités, que le désir passionné d'en acquérir sans cesse qui fussent plus importantes et plus honorables. L'ambition du bourgeois parvenu aux charges d'administration ou de finances, demeurait toujours en éveil ; il ne rêvait que de dépasser ses devanciers, au besoin de se surpasser lui-même. Et si, parmi les

le nom de Auget de Montliion. (Archives AUcolay, citées par F. Clément di\ns Silhouette, Boiirel et les derniers fermiers généraiix,p. 9, note.)

1. Nous n'avons pas cru devoir aborder la question de savoir, si à défaut de noblesse antique, les Aug-et avaient du moins possédé la noblesse d'oftice. D'une pari, en eil'et, l'empressement que Montyon paraîtavoirapporlé à se débarrasser de son nom patronymique, pour ne porter que le nom de son domaine, prouve qu'il ne faisait pas grand état de la noblesse d'office attachée au premier ; peut-être à l'exemple de la plupart de ses contemporains la considérait-il comme un simple artifice, une « savonette à vilains. » D'autre part, même au point de vue du droit strict, on pourrait mettre en doute que les Auget aient été anoblis par la possession de charges nobles pendant trois générations. Tout un parti, dans la doctine, tenait en effet, que, pour anoblir, une charge devait être octroyée, et non pas achetée. A', sur ce point de la Roque, Traité de la Noblesse: Loyseau, Des offices : Ch. Le Bret, Delà soureraineté du roi, et P. de Sémainville, op. cit.

2. Montyon portait « d'argent à une fasce de gueules accompagnée de trois tètes d'aigles de sable, arrachées et languées de gueules, posées deu.\ en chef, et l'autre à la pointe del'écu. » La Chesnaye des Bois, op. et loc. cit.. et d'Hozier, Armoriai général de France. 1" registre, p. 38.

nobles, oa se coutciilait d'être quelqu'un de père en fils, les enfants de la bourg-eoisie voulaient absolument devenir quelque chose de plus que leurs aînés ; voici, entre autres, comment les Aug:et, manifestèrent cette volonté.

Larrière-grand-père, Paul Auj^et, morl en 1660, — devant même que sa lig-née eût acquis la terre de Monlhyon, — s'intitulait surintendant de la musique du roi '.

C'était là une charge d'administration, dont lemploi consistait à recruter et payer les musiciens, à acquérir et surveiller le matériel des concerts. Elle était assez lucrative, et rapportait 6.000 livres -' ; mais elle devait être fort peu honorifique, car nous voyons Paul Auget, hésiter dans les actes qu'il sig-ne, entre les qualifications également modestes de noble homme et d'éciiyer. Aussi ne plut-elle pas à Jean Auget, qui la vendit, et acquit celle de Président du bureau des finances de la généralité de Paris •*.

Les fonctions de cette nouvelle charge étaient encore administratives et consistaient surtout à diriger le travail matériel de la répartition de l'impôt. Toutefois, par certains côtés, elles se rapprochaient des fonctions de « judicature » et leurs titulaires pouvaient être assimilés à des magistrats ; car, le bureau des finances connaissait en premier ressort de toutes les contestations relatives à l'assiette de l'impôt, et l'appel de ses décisions était porté devant le Parlement de Paris.

Ni ces prérogatives élevées, ni le titre de « trésorier de F'rance », que prenaient communément les membres du bureau, ne furent cependant du goût de Robert Auget. Il vendit à son tour la charge paternelle ; il la remplaça par celle de maître en la Chambre des Comptes ' : à la même époque, il obtenait des lettres d'honneurqui lui accordaientla qualification de « conseiller du roi » ; puis, par deux alliances successives, et également

1. Archives Nationales, Emigrés et condamnés, série T, n" i. Conlnil d'échange d'une maison sise me Sainl-Ifonoré et Archives de l'Assistance publique. Inventaire des biens de Paul Augel. 1685.

2. V. de Warroquierde Combles, Etat général de la France, t. I, p. 26. ■i. V. testament: estât de mes biens ; partaj^e et inventaire des biens

de Jean Auget. aux Archives de V Assistance Publique.

i. V. S(jn contrat de mariaj^e [avec Marie-.\nne Pajot, dt'-jà cité.

(i CHAPITRE PREMIER

avantageuses, il multipliait et resserrait ses liaisons. En premières noces, il épousait le 18 mars 1727 ', Marie-Gatherine- Françoise Surizay de Saint-Remy, lille d'un trésorier des ponts et ehausséesde France; en secondes noces, il épousait le 6 juillet 1732, Anne Pajot du Bouchet, fille de dame Anne Geoffroy de Goissy et de feu messire Henry Pajot du Bouchet, conseiller, secrétaii'e du roi, maison et couronne de France et de ses

iinances Suivons, un moment, la foule un peu guindée et

empanachée qui se presse à ce derniermariage ; relevons les noms et les titres des parents et amis qui signent au conti^at ; il v a là,

<< de la pari du sieur de Monthion, messire Ambroise Cousinel, conseiller du roi, niailre ordinaire en sa Chambre des Comptes, oncle maternel, dame Geneviève Lemôyne, son épouse, demoiselle Marie Elisabeth Cousinet, fille majeure, tante maternelle, madame la marquise du Thil, cousine g'erniaine maternelle ; — et de la part de la Demoiselle Pajot du Bouchet, futui'e épouse, messire Antoine Henry Pajot, chevalier, frère aîné, messire Jacques Christophe Pajot du Bouchet chevalier, capitaine au régiment de Beauvaisis, aussi frère de ladite demoiselle, messire Louis-t^éon Pajot, comte dOnsembray, intendant général des postes et relais de France, cousin germain paternel, dame Catherine Olivier son épouse, messire Pajot de Villers aussi cousin germain paternel, dame Anne-Marie Lejay épouse de messire Paul-Esprit Feydeau, ciievalier, seigneur de Brou, Princelay et autres lieux, conseiller d'Etat et intendant de justice, police et finances en Alsace, cousine, madame Pajot de Villers, aussi cousine, madame veuve de monsieur Chevalier fermier général, grande tante maternelle, monsieur le Président Chevalier, monsieur Chevalier de Monligny, fermier général, cousins issus de germains maternels, monsieur le Président Langlois de la Fortelle, madame sonépouse, monsieur le Président Feydeau, monsieur le Président de Salabery, madame son épouse, monsieur de Villayer, maître des requêtes, amis communs des parties »...

En vérité, le beau cortège et la brillante cérémonie ! retenons-en le souvenir et aussi la date : 1732. Gar, celle-ci ne pré-

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