Sainte-Beuve, Cniiseries du Lundi, t. IX, p
2. La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, édition de 1"75, article .l/on</((o;t, et article Auget.
3. Simon Chevalier était lui-même conseiller au Parlement, et, avant lui. la terre de Monthyon, érigée en fief depuis le xvi" siècle, avait déjà passé entre les mains de plusieurs propriétaires, parlementaires ou bourgeois. (Archives de Seine-et-Marne, E. 59, 60, 61.)
4. Ordonnance de Blois. art. 298 : « Les roturiers et non nobles achetant fiefs nobles, ne seront pour ce anoblis. »
LE NOM Kl LA RACK 3
pelé cette règle, que la jurisprudence du Parlement de Paris, essaya de maintenir jusqu'à la Révolution '. Devenu seigneur de Monthyon, Jean Auget demeura donc Auget comme devant ; étant humble de cœur, il continua de signer Auget tout court-, si bien que Tusage d'accoler au nom patronymique d'Auget, celui de Montyon, et parfois aussi le titre de baron ne semble pas remonter au delà du père de notre héros, Jean-Baptiste- Robert.
Par contre, ce dernier paraît avoir fait tout ce qu il fallait pour procurer à un tel usage la force etla constance d'une règle. Dès le moment où il accepte le testament de Jean Auget (1722;, il signe « Auget de Monthion » ; dans le corps de l'acte d'acceptation, il s'attribue la qualité de baron •' ; il" inscrit « la seigneurie et baronnie de Monthion » parmi les apports de son contrat de mariage avec Marie-Anne Pajot ', il se donne le titre de « Messire » et s'intitule « seigneur et baron de Monthion, Ghambrv et autres lieux », dans l'acte de baptême de son premier fils "' ; enfin, par lettres patentes de juillet 1740, enregistrées au Parlement de Paris le 27 août suivant, il obtient « confirmation » des lettres de 1654, érigeant la terre de Monthyon en baronnie, « avec titre, nom, prééminence, dignité, droit de haute, moyenne et basse justice ", et la mort le surprend dans le moment où il prépare gravement la nomination d'un lieutenant criminel, d'un procureur fiscal, dun substitut, d'un tabellion greffier et de quatre sergents « attachés à la baronnie >» ''.
C'est ainsi que peu à peu, la noblesse des Auget se trouva garantie, sinon par des titres légitimes, du moins par la notoriété ', et par une possession d'état paisible et ininter-
1. V. sur ce point, P. de Séniainville, Code de la jiohlesse française, et, notamment, l'arrêt du Parlement de Paris du 13 août 1663, cité par cet auteur.
2. V. notamment son testament. \' 21. (Archives de V Assistance Publique.)
3. V. acceptation du testament de Jean Auyet. {.\rchives de l'Assistance Publique.
i. Archives de l'Assistance Publique.