L. GuiMBAiij. — Augel de Montyon
Durant Fexil si brusque, et si prolongé de Maurepas, c'est-àdire pendant près de vingt-cinq ans, tous ces appartements étaient demeurés vides, « les volets ouverts », les meubles et les objets d'art exposés à la lumière et aux poussières^. A son retour d'exil, le ministre, qui représentait fort modestement, n'avait ordonné que des nettoyages précaires ^, L'initiative et la dépense d'ane restauration générale échurent donc à Montyon. lien prit magnifiquement son parti et s'installa dans une aile de l'hôtel, pendant que les peintres, les doreurs et les tapissiers prenaient possession des deux autres corps de bâtiment; il se mêla de choisir, en personne, des meubles neufs et qui fussent « d'une grande beauté ». Nous verrons bientôt qu'il travaillait là pour des hôtes fort inattendus.
« Je vis aussi dans ce temps, M. de Montyon, homme de beaucoup d'esprit et du caractère le plus aimable... »
Ces deux lignes des Mémoires de J/™*^ de Genlis, quelques mots épars dans les Lettres de M°^'^ de Créqui à Sénac de Meilhan, voilà à peu près tout ce que les contemporains nous ont laissé, touchant les liaisons de notre héros et ses comportements dans le monde, pendant la période qui nous occupe. Heureusement, Montyon lui-même s'est montré moins réservé; sur les personnes qui fréquentaient son salon, sur les hôtes de marque dont la porte lui fut ouverte, il a continué comme par le passé, de recueillir des observations et des anecdotes, et c'est ainsi, qu'à travers ses notes, nous allons pouvoir le suivre tourjà tour chez M. et M"^ de Maurepas, chez M""" de Genlis, chez M-"" de Créqui.
« M. de Maurepas était d'une famille de robe ; petit-fils de chancelier, ses habitudes, ses préjugés, l'ascendant de .sa femme