Archives de Seine-el-Marne, E
3. Assemblée Constituante, Discussions des 28 février 1791, et jours suivants, au tome XI de V Histoire parlementaire de Bucliez et Roux.
diquez ; je désire me conformer aux règlements, comme je m'y suis toujours conformé. Il ne peut y avoir de sujet de plainte. Je n'imagine pas ce que c'est. Dès que je serai de retour, ce qui j'espère n'est pas fort éloigné, je saurai distinguer les bons sujets '.
Il faut croire que les renseignements fournis par Le Normand ne furent pas très rassurants, car, un mois après la lettre qu'on vient de lire, dans les premiers jours de mai ^, Montyon quitte Lausanne et passe sur le territoire français, dans le pays de Gex, au petit bourg de \'erny. Là, personne ne l'inquiétera et ne pourra l'accuser d'avoir émigré, du moins à ce qu'il croit : et si quelque alerte un peu chaude vient le tirer de sa tranquillité, la proximité de la frontière suisse facilitera sa fuite ^. Dans ces sentiments, il s'installe à \'erny sur le pied d'un homme qui vient s'y établir pour un assez long temps, prenant à bail une maison, «au lieu dit La Perrière», remplissant, au district le plus proche, celui de Pontarlier, la formalité du serment civique, rassemblant, enfin, toutes les pièces susceptibles de prouver juridiquement son existence, sa résidence, ou son loyalisme: certificat de vie, reçu de la contribution patriotique, mémoire justificatif de son séjour à Lausanne *.
L'événement parut d'abord conspirer avec une aussi évidente bonne volonté, et, lorsque la Constituante vota, le 9 juillet 1791, la peine de la triple imposition foncière, pour tous les émigrés non rentrés en France dans le délai d'un mois ', Montyon put se féliciter d'avoir accompli, par prévoyance et sagesse, ce qu'il eût été contraint d'accomplir par nécessité.
Malheureusement, les pires nouvelles vinrent bientôt troubler
1 . Archives de l'Assistance Publique. La première phrase de cette pièce est de l'écriture d'un secrétaire ; le reste est de la main de Montyon.