‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 140 sur 224 · il · texte numérisé non relu

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truction du gibier, la permission de chasser ; mais je ne puis rendre compte de la forme de cet article, n'ayant pu bien l'entendre; depuis ce temps, j'ai voulu le faire acheter, mais jusqu'à ce moment on ne le vend pas. Je ferai en sorte de pouvoir savoir, pour rendre compte de ce qui concerne la seigneurie de ce lieu. Avant cette publication et depuis, plusieurs personnes de ce lieu et autres se sont arrogé le droit de chasser par eux-mêmes sur la terre, de sorte que le garde ne sait à quoi s'en tenir, n'ayant pu avoir l'édit ou ordonnance pour savoir quel parti prendre pour faire son devoir, tant du côté du gouvernement, auquel il doit obéir, ainsi qu'aux intérêts de son maître, qu'il est obligé de veiller pour le bon ordre. Sitôt (jue nous pourrons avoir ces ordres, nous ferons en sorte de nous y conformer ; mais tout ce que je pense, c'est qu'il en résultera de grands malheurs, si tout le monde a le droit de port d'armes. Il me semble avoir entendu qu'il serait permis à l'avenir de faire le remboursement des cens et renies dus aux seigneurs, mais je ne puis l'assurer.

Il faut se conformer à ce qui est arrêté. Dites à Platteau, garde, de ne rien faire jusqu'à nouvel avis ; beaucoup de modération ; empêcher d'abord qu'on n'entre dans le parc.

Mandez à Biédain quels sont les chasseurs.

Ainsi, dès le début de la Révolution, Monlyon déclare qu'il veut avant tout obéir à la loi. On a prétendu qu'une l'ésignation aussi complète cachait quelque arrière-pensée ; on a dit, que l'ancien membre des notables n'était pas fâché de se mettre,

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une fois de plus, à la remorque de la haute noblesse abandonnant spontanément ses privilèges, dans la nuit du 4 août; on a ajouté, que, par ailleurs, il n'ignorait point à quel degré de désuétude étaient tombés les droits féodaux ainsi abolis '. Toutes ces suppositions sont plausibles ; il est certain qu'une réforme, respectueuse des cens et rentes, n'atteignait pas Montyon au vif de ses intérêts. Néanmoins, pourquoi lui prêter ici, sans preuves, des sentiments contraires à sa conduite passée? En fait, il a toujours donné l'exemple du civisme ; il a mis la loi au-dessusdu Roi, au-dessus des ministres ; intérêts et and)itions, il lui a tout sacrifié. Admirons, sans réserves, cette attitude, et n'essayons pas de la diminuer, dans le moment où elle va précisément devenir plus difficile à garder.

La fin de l'année 1789 et l'année 1790 paraissent avoir apporté une sorte de trêve aux préoccupations de Montyon, touchant son domaine. Le 23 septembre 1790, on le surprend même en train de caresser, comme tant d'autres émigrés, l'espérance d'un retour prochain, et il donne pouvoir au sieur Lallemand, son représentant à Meaux, de passer en son nom des baux de longue durée -.

Mais avec l'année 1791, renaissent des craintes que l'événement va bientôt légitimer. Ne parle-t-on pas, en etïet, de prendre, contre les émigrés, des mesures exceptionnelles, et qui ne tendent à rien moins qu'à les placer hors la loi, sous la juridiction d'un tribunal dictatorial ? Et n'a-t-il pas fallu toute l'éloquence d'un Mirabeau, pour que ces mesures énergiques fussent renvoyées au k Gode de Dracon»^ ?

Dès le 6 avril, Montyon écrit à Le Normand, son receveur à Chambrv :

Je désirerais que vous m'envoyez un état des rentes, cens, surcens et loyers de Chambrv. Mandez-moi quels propos on tient sur moi et sur mes arbres; je désire savoir avec détails ce que vous in-

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