‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 18 sur 224 · L ENFANCE, L EDUCATION, L ENTRÉE DANS LE MONDE · texte numérisé non relu

L ENFANCE, L EDUCATION, L ENTRÉE DANS LE MONDE

difFérence près que Ion ne saurait, en aucun cas, comparer Montyon à Perdican, ce sont exactement ceux d'une comédie de Musset : il y a, au premier plan, un baron, un bailli, un curé, une châtelaine, des enfants et un abbé qui leur sert de gouverneur, au second plan, il y a le « chœur .. des serviteurs, des fermiers et des paysans.

Nous connaissons déjà, par plus d'un côté. Monseigneur le baron Jean-Baptiste-Robert Auget de Montyon, père de notre héros: nous savons qu'il se montrait assez vain de titres et de dignités, assez épris de magnificence et d'ostentation; mais nous savons aussi qu'il était honnête homme, et excellent chrétien * ... Sa vanité s accommodait fort d'un séjour prolongé dans une terre seigneuriale; sans y tenir le grand état de maison que nous lavons vu tenir à Paris, il avait donc installé à Monthyon tout un petit monde de régisseurs, de gardes-chasse et de jardiniers -. Puis lui-même s'était mis sur le pied d'un seigneur de village conscient à la fois de ses droits et de ses obligations, également exact à exercer les uns et à remplir les autres, aspirant, en un mot. à être considéré non pas seulement comme un créancier, mais aussi comme un protecteur né. presque comme un chef. Nous citerons d'assez nombreux traits de cette humeur et de cette conduite, car ce sont là, évidemment, les premiers exemples que reçut le futur philanthrope et c'est par là que l'on peut expliquer, en grande partie, son amour de la règle, son attachement et sa fidélité au devoir, son esprit d'ordre et de minutie.

La seigneurie de Monthyon se composait de trois fonds importants et également bien cultivés ou boisés : Monthyon, Chambrv et Marchemoret. Tous les huit ou dix ans, on en faisait revoir et corriger le terrier ; afin que nulle redevance féodale ne fût jamais oubliée ou prescrite, l'avis de revision était lu au prône, les paysans étaient dès lors tenus de venir déclarer eux-mêmes la nature de leurs terres et la quotité de leurs redevances, puis, le sieur Monvoisin, géomètre à Me9"x en Brie, se chargeait de

Page 1