V. sur ce jjoinl Aulard, op. cit., p
MONRON PENDANT L ÉMIGRAITUN 333
La décision consulaire l'ut notifiée à Montyou, dans les derniers jours du mois de mai 1803 '. Sans éclat, sans vaines protestations, il s'inclina devant elle, mais il refusa de mettre à profit ce quelle paraissait contenir de favorable à ses désirs, et il demeura en Ang-leterre. Peut-être se souciait-il médiocrement de cette sorte de liberté intra muros dont Bonaparte fut chez nous le maître inventeur et que la police de Fouché s'entendait à ag^rémenter de tracasseries pei'fectionnées. Souffrances pour souffrances, il préférait celles d'une existence obscure, parmi la foule anglaise, aux tourments que devaient subir les personnes exilées dans une de nos sous-préfectures, et plus ou moins accostées d'un gendarme portant l'uniforme français. Il se borna donc, pour tout changement, à organiser sa vie sur les bases modestes et sévères qui conviennent à l'existence d'un vieillard malheureux, sortant fort peu, alTectant volontiers le dédain des plaisirs que l'on renommait autour de lui ^, poussant son pessimisme jusqu'à d'extrêmes conséquences, et que ^lal- Ihus lui-même n'eût point désavouées.
A ses jeunes amis, les enfants de Sévery, qui étaient tous les deux eu âge et peut-être en appétit de se marier, il avait déjà écrit, le 8 septembre 1801 : « ^'ous êtes bien sages tous les deux de ne pas vous marier, car en vérité la vie ne vaut pas la peine qu'on la communique. J'ai vécu pendant une vingtaine d'années, l'époux de ma sœur. C'est le meilleur mariage qu'on puisse faire •*. » Le 18 septembre 1804, à propos du mariage de la sœur, il revient à la charge, auprès du frère et il lui mande : « C'est par une suite, peut-être une indiscrétion de ce senli-