L ENFANCE, L ÉDUCATION, L KNTRÉE DANS LE MONDE
main du serviteur, c'est, ici encore, parce que lordre et la règle doivent présider à toutes choses, fût-ce aux élans de la charité. Le baron de Montyon est, enfin, l'ami, le conseiller, presque le tuteur de tous les habitants de la paroisse ; parmi les aînés, il prend, de père en fils, ses fermiers, ses receveurs et ses comptables ', parmi les cadets, il choisit les plus intellig^ents et ceux qui ont la mme la plus convenable ; il les fait instruire et les pousse à Paris, dans le monde de la livrée ou dans celui de la basoche-, il élève ainsi près de lui, et presque jusqu'à lui, des générations de serviteurs et de clients ; il se les attache parles liens d'une fidélité et d'un dévouement réciproques ; il développe, en eux, la plus louchante et la plus salutaire des vassalités, celle des cœurs.
Pour remplir une tache aussi lourde et aussi complexe, le baron de Montyon possède deux auxiliaires immédiats, le bailli et le curé. Le premier représente la justice seigneuriale ; nommé par ^L de Montyon, il est aussi appointé par lui, et louche lénorme somme de trente livres par an ; il supplée d'ailleurs à l'insuffisance d'un tel revenu, en cumulant les fonctions de la magistrature avec celles de bedeau, celles de barbier et celles de chirurgien ^ : c'est à la fois un habile et un sage.
Quant au curé, les services qu'il rend sont innombrables ; il est tour à tour un prêtre et un ami, un confesseur et un commissionnaire, un convive de marque, et un factotum ; et s'il persuade à M. de Montyon de se mêler beaucoup des choses du ciel, et de condescendre en leur nomauxplus humbles besognes, lui-même prend à l'intention du baron, un souci constant et un soin méticuleux des plus petites choses de la terre. Après avoir été le distributeur des aumônes, il devient l'intendant des bâtiments et fait remettre en état les terrasses du château ^, dans