V. plus loin, ch
jour se vanter dans une lettre à M'"'^ de Staël, de n'avoir pas menti une seule fois, depuis sa neuvième année ; la seule excuse, ou si Ton veut la seule explication possible, d'une assurance aussi hasardée, c'est qu'il avait appris la sincérité dans les registres de Jean-Guillaume \\'olf.
Nous ne savons malheureusement rien de la manière dont cette éducation familiale fut complétée parcelle du collège. Nous ne sommes même pas certain que Montyon ait été mis au collège. Tous ses biographes raftirment ; ils ajoutent qu'il y remporta beaucoup de succès; l'un d'eux, renchérissant encore \ rapporte gravement que Montyon se couvrit de gloire et de lauriers, au concours général de l'Université de Paris, inauguré en 17 47. Mais, les premières de ces affirmations, ne s'autorisent ni d'un nom de collège, ni d'une date, ni d'aucun fait précis ; quant à la seconde, elle est tout simplement fausse. Nous avons, en effet, compulsé avec soin, à la Bibliothèque de l'Université de Paris, le palmarès de l'ancien concours général ; nous eussions aimé y retrouver le nom de notre héros, surtout en compagnie des noms de certains hommes avec lesquels il entretiendra plus tard des rapports notoires d'inimitié ou de sympathie ; Galonné, par exemple, qui préluda à sa vie aventureuse, en obtenant un prix de vers latins, ou encore, ce Bourboulon, qui devait un jour, s'acharner plaisamment contre les additions de Necker, et méritait, en attendant, un troisième accessit de version grecque. Nous n'avons pas aperçu que Montyon ait jamais été lauréat.
Toutefois, la vérité est probablement qu'il passa au collège les cinq ou six années qui suivirent la mort de son père : nous en trouvons une première preuxe, d'abord, dans ce fait que l'abbé Ségonne, son précepteur, fut remercié à la fin de l'année 1741, ensuite dans cet autre fait, que Montyon, lui-même, paraissait connaître par expérience les avantages, et les inconvénients de la vie de collège sous l'ancien régime. On se rappelle les polémiques qui agitèrent le xvui'' siècle touchant la question de l'enseignement et celle de l'éducation ; on n'ignore pas qu'elles redoublèrent de vivacité, vers 1763, alors que l'Université, et