‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 31 sur 224 · MONTVON MAGISTRAT ET HEL ESPRIT DE 1754 A · texte numérisé non relu

MONTVON MAGISTRAT ET HEL ESPRIT DE 1754 A

I. L"avocat du l'oi au Châtelel. — Le magistrat idéal, d'après Montyon.

- Les maîtres des requêtes au Cunseil d'Etat vers t760. — Montyon maître des requêtes. — Son rôle dans le procès de La Chalotais. — \'ues sur Malesherbes. — Un portrait inédit de Gilbert de Voisins.

n. Montyon locataire de son beau-frère et desa sœur.— M^^de Fourqueu.\.

— M. de Fourqueux. — Montyon chez M""^ Dupin. — Rencontre avec Montesquieu. — Montyon chez M"" du Defl'and, M"" de Lespinasse, M"" Helvétius et M^^Necker. — Montyon à la cour. — Les passe-temps du duc de Choiseul et du chancelier de Maupeou. — Correspondance amoureuse du fermier général Bouret. — Un émule inattendu de Crébillon le lils. — Montyon et les femmes.

De 1754 à 1767, Montyon occupa diverses charges judiciaires ou administratives et se poussa dans le monde. Une tradition, — que tous ses panégyristes ont naturellement suivie, — veut qu'il soit alors entré, pour ainsi dire, de plain pied, dans Théroïsme et dans la gloire, et que, supérieur aux plaisirs ', il ait étonné son siècle par son austérité et ses vertus, à Tâge où communément les jeunes gens n'ont d'autre souci que de jeter leur gourme.

Sans manquer de respect à Montyon, l'histoire doit ici corriger la légende. A la vérité, les années de jeunesse furent pour lui comme pour tant d'autz'es, une période d'ambition, d'étude, et de tâtonnements. Sans doute, il commence dès cette époque à affirmer sa personnalité, à manifester l'indépendance de son esprit, ou les ardeurs généreuses de son cœur ; mais il affirme aussi sa volonté de parvenir, ^on goût passionné pour les litres, le? places, les succès administratifs ou littéraires, et en général

1. V. notamment P. Feugère, /i"ior/e de Montyon et F. Labour, M. de Montyon.

toutes les satisfactions de la vanité. Et dès lors il joue un personnage double ; il fait de beaux discours, mais il fait aussi d'adroites démarches ; il rend de justes arrêts ; mais il rend aussi d'utiles visites ; au Palais et dans les Conseils, c'est un Caton ; à la Cour et à la ville, c'est presque un ac/réahle.

Nous allons le considérer tour à tour à ces deux points de vue.

Ainsi que nous l'avons déjà noté ', Montyon acheta de M. Boula de Mareuil, par acte passé devant Bronod, notaire à Paris, le 4 avril 1754, la charge d'avocat du roi au Ghâtelet. Il la paya, partie au comptant, moyennant 20.000 livres, que d'ailleurs il emprunta à un certain Ghoart de Cornillon, partie sous la forme d'une rente qu'il constitua sur la tête du vendeur.

L'octroi de la place ainsi acquise, fut suivant l'usage, sollicité de la cour ; il semble avoir été obtenu sans aucune difficulté. On sait comment le Ghâtelet de Paris constituait une juridiction civile et criminelle en même temps qu'un organisme administratif -. En tant que juridiction, il tenait la place et le rôle de nos tribunaux de première instance ; en tant qu'organisme administratif, il rendait à peu près les services que rend actuellement à Paris, la Préfecture de Police. Auprès de la juridiction, il y avait, autrefois comme aujourd'hui, un ministère public, représenté par les avocats du roi, ou encore, comme on disait alors, par le Parquet de Messieurs les Gens du Roi. G'est là qu'on recevait les dénonciations et les plaintes, que l'on délivrait les ordres d'informer ou même les mandats d'arrêt. G'est là aussi que Ton préparait les conclusions présentées au nom du Roi dans tous les procès civils intéressant les mineurs, l'Eglise et la royauté elle-même, et dans les procès criminels de quelque

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