V. Hippolyte Buiïenoir. .V/""' d'Houdetot
.'5. Allusion à la proximité qui existe entre Marly et Fourqueux. 4. Montyon. Particularités sur les ministres des Finances.
qui veut administrer un grand pays en mal de révolution ; les épigrammes pleuvront sur le podafjre : on dira que sa principale qualité ministérielle, aux yeux d'une cour dispendieuse, est de ne pouvoir serrer une main que la goutte à péniblement alîectée '. Et, en plein Parlement, cest-à-dire dans le pays même où était née sa réi)utalion d'honnête homme, le pauvre Fourqueux s'entendra solennellement servir par le président de Xicolaï ce compliment de pince-sans-rire : « L'Etat avait besoin d'une vertu délicate et de talents modestes : on vous a nommé Contrôleur Général... ^ ».
D'un beau-lrère ainsi bâti •*, il est permis de supposer que Montyon ne tira jamais grand secours. Le commerce quotidien de M"'® de Fourqueux, lui fut, au contraire, tout à fait précieux ; à écouter, sans cesse cette femme vive, facilement engouée, et qui brûlait d'être la marraine d'une jeune renommée, Alontyon prit une conscience définitive de sa propre ambition ; il se forma à la politesse, à la conversation et même à l'intrigue : il fortifia son goût pour les choses de l'esprit et de la morale : il fît connaissance avec les nouveautés à la mode, en philosophie, en économie sociale, en politique...
Puis on commença de le conduire dans les salons de Paris ou de Versailles ; parmi ses hôtes ordinaires, M"'^ de Fourqueux comptait des hommes fort répandus ; tel, par exemple, ïrudaine de Montigny, que l'on voyait tantôt au Temple, chez le prince de Conti, et tantôt à la place Royale, chez M'-"*" Mazarelli, l'Aspasie du moment ; tel encore le chevalier de Chastellux, celui que Sainte-Beuve a appelé l'engoué par excellence, et auquel, grandes dames ou parvenues pardonnaient communément de méchants livres, en faveur de létonnanle faculté d'admiration qu'il montrait à l'égard des unes el des autres '...