‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 76 sur 224 · Galiani à M°" d'Epinay, le 21 juillet · texte numérisé non relu

Galiani à M°" d'Epinay, le 21 juillet

" Vous voulez que je jug;e une conversation enti-e vous, maître Grimn, maître Diderot et l'intendant d'Auverg-ne, dont je ne sais pas le nom. C'est mon métier à présent que celui de juger et je pourrais le faire dans le style de mon tribunal, mais vous n'entendriez rien à notre jargon. 11 faut donc que je donne ma sentence en votre langue. Elle sera longue et je suis pressé. » Suit, en efl'et, une longue sentence, incompréhensible, ou à peu près, puisqu'on ne sait pas sur quoi portait la discussion, c'était probablement sur les Dialogues. Montyon est appelé Maître Auvergne dans la sentence.

Du même à la même, 8 septembre 1770 :

« C'est donc Montyon l'intendant d'Auvergne? Embrassez-le bien fortde ma part. Vous avez raison de l'estimer beaucoup. J'en fais autant et je ne m'en repens pas. Priez-le de présenter mes respects à M""= de Fourqueux et à toute la famille. J'aiitie à me persuader qu'on m'aime encore dans ces maisons, malgré les cris des économistes contre mes Dialogues. »

de faire menlion que vous avez donné des ordres : ce que font mes secrétaires, c'est moi qui le fais, bien ou mal '. » Tantôt les représentants de quelque région perdue dans la montagne, venaient se plaindre de n'avoir jamais reçu la visite de Monseig^neur l'Intendant, et d'être ainsi un peu oubliés dans la distribution des larg'esses royales -. Enfin le contrôleur général, lui-même, se mettait de la partie, en rappelant (5 novembre 1770j à tous les intendants que « leur présence dans les provinces et une résidence exacte étaient des preuves certaines de leur amour pour le bien du roi et celui de leur généralité-* ». Avant d'avoir reçu ce dernier avertissement, Montyon s'était déjà installé et accommodé, à Glermont, dans le vieil et bourgeois hôtel de l'Intendance, situé rue des Gras. C'est de là qu'il avait entrepris, vers Lézoux, l'expédition policière dont nous fîmes le récit, c'est de là qu'il partit, au fort de la disette, pour visiter la Haute-Auvergne, et principalement les villes où l'on avait ouvert des chantiers publics. Entre temps,' il s'efforçait de réunir à sa table la bonne compagnie du pays, et. ces réunions semblaient si animées que les connaisseurs leur préféraient le petit cercle formé par le maître delà maison, le bon Thomas, et quelques intimes. Voici en effet, ce qu'écrivait à Montyon, le 15 septembre 1770, M. de Lostange, colonel de dragons, en garnison à Montferrand :

Je suis très aise, monsieur, de toutes les propositions que vous me faites, et je les accepte toutes ; je me rendrai demain chez vous à l'heure que vous voudrez, pour aller voirM. elM""^ la Comtessede Montboissier ^. Je serai fort aise de faire cette visite avec vous et de passer ce temps de plus avec l'intendant du royaume que j'aime et estime le mieux. Samedi, j'aurai l'honneur de dîner chez vous avec bien du plaisir : ne serons-nous que peu de monde et mon cher

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