‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 82 sur 224 · Sénac de Meilhan, Portraits · texte numérisé non relu

Sénac de Meilhan, Portraits

no CHAPITRE IV

décembre; le 21, il exile les mag'istrats récalcitrants et confisque leurs offices. Le 23, il décide la création de six conseils supérieurs, capables de remplacer le Parlement de Paris, dans tout son ancien ressort, de rapprocher ainsi la justice et les justiciables, et de former une magistrature salariée, besogneuse et docile, là où il existait auparavant des juges riches, propriétaires de leurs offices, indépendants, presque trondeui's. L'un de ces conseils devait être formé en Auvergne et s'assembler à Glermont; M. de Ghazerat reçut la mission d'en recruter les membres, principalement parmi les conseillers de la cour des Aides, dont il était le chef'. « Par prières, par promesses et caresses, il parvint un jour, à les décider tous les uns après les autres. Mais, le lendemain, ils se concertèrent et retirèrent leurs promesses ; M. de Ghazerat se livra aux plus vives menaces, et parla notamment de la suppression possible de la cour des Aides, qui serait transportée à Moulins. Gette idée consterna les citoyens de Glermont. Tout ce qu'il y avait de gens faibles et ambitieux, tant à la cour des Aides qu'au présidial, s'empressa d'écrire à M. de Ghazerat, pour lui demander une place, et bientôt, il ne resta plus qu'à installer la nouvelle compagnie et à la faire reconnaître par les tribunaux inférieurs "-.»

C'est alors que la lutte s'engagea ouvertement entre Maupeou et Ghazerat, d'une part, Montyon, de l'autre.

Dès le mois de juillet 1770, l'intendant d'Auvergne avait prétexté de son impopularité naissante et de ses services pour demander son changement de province ; la supplique suivante lui était revenue revêtue de l'approbation du Roi :

1" juillet 1770.

M. de Monthion, Intendant dWuvergne,

Représente que son travail et ses services joints à la disposition des esprits dans cette province, semblent se réunir pour autoriser la demande qu'il fait de la permission de changer, à la première

1. Sur tous ces points, v. Flammermont. Le chancelier Maupeou et les Parlements.

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