‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 81 sur 224 · I. INTEMJANCI-; d'aIVERGNK · texte numérisé non relu

I. INTEMJANCI-; d'aIVERGNK

Dans les conimencements, les obstacles parurent considérables, d'autant que les vertus et qualités de Montyon semblaient elles-mêmes nombreuses et actives, qu'on le savait fort bien en cour, et principalement auprès du duc de Ghoiseul, qu'enfin sa popularité menaçait de devenir très grande. Mais nous avons vu comment à force de demeurer ferme en ses desseins et inhabile dans l'art de composer, l'intendant perdit, peu à peu, cette popularité : pour ses protecteurs, il les perdait de même, à mesure que baissait davantage le crédit de Ghoiseul et que montait celui de Maupeou. Tout son passé, et tous les événements présents contribuaient d'ailleurs à le ranger dans le parti hostile au chancelier : par tradition de famille et de carrière, il penchait du côté des parlementaires ; par reconnaissance, il devait à Ghoiseul, sinon de le suivre dans une disgrâce désormais certaine, du moins de faire grise mine à ceux qui se glorifiaient déjà d'en être les artisans.

Par relations de parenté ou d'amitié, il avait appris de Maynon d'Invau, de Trudaine ou de M"^" d'Épinay, à connaître et détester « le petit homme noir, au front bas, aux yeux perçants et durs, au nez carrément pointu, à la bouche désagréable, au teint de bigarrade ' », dont on disait couramment que ses manières étaient celles d'un Pantalon, et son esprit celui d'un procureur -.

En Auvergne, personne n'ignorait aucun de ces détails, car les ennemis de l'Intendant entretenaient des liaisons avec la cour. Aussi, dès la promulgation, en décembre t770, du fameux édit qui bornait le rôle du Parlement de Paris et qui annonçait la réforme générale et prochaine de Torganisation judiciaire, une des premières visites de félicitations et de déférence que reçut le chancelier, fut celle de M. de Ghazerat, venant mettre aux pieds du nouveau Lycurgue, son nom, son influence, son zèle et ses vertus. Le 24 décembre, Ghoiseul est exilé ; moins d'un mois après, le 20 janvier 1771, Maupeou lance un ultimatum au Parlement qui refusait d'enregistrer l'édit de

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