Journal des nouvelles du marquis d'Albertas
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aux actes, c'est-à-dire clans son rôle de commissaire du roi près l'assemblée des communautés dores et déjà convoquée pour le mois suivant.
L'assemblée se réunit, en effet, à Lambesc, « dans la chapelle des frères Pénitents Gris », le 18 novembre 1771, sous la présidence de monseigneur le Révérendissime, messire Jean Dedieu Ravmond de Boisgelin de Gucé, archevêque d'Aix, Conseiller du roi en ses Conseils, président aux Etats et premier Procureur né du pays.
Après qu'il eut été harangué « fort honnêtement » par l'archevêque et par l'assesseur d'Aix ', et après qu'il eut congrûment répondu, Montyon donna lecture des instructions du Roi, touchant les impôts réclamés à la Provence pour l'année suivante, entre autres, un « don gratuit » de 700.000 livres. Le don fut voté. On vint ensuite à la prorogation de l'abonnement des vingtièmes. Le roi demandait que le montant de cet abonnement fût augmenté. L'assemblée, « pénétrée du plus profond respect pour les intentions de Sa Majesté, et, en même temps de la plus vive douleur, à la vue de sa propre impuissance et de la misère extrême de la province », refusa l'augmentation et délibéra de renvoyer l'affaire à l'assemblée des procureurs du pays, en lui donnant tous pouvoirs de « négocier avec la cour et de proroger l'abonnement dans les conditions les moins défavorables aux intérêts locaux ». \'ainement Montyon insista, vainement il essava de représenter que la « Provence serait privée des grâces royales » ; après quatre jours de démarches et d'habiletés, il n'obtint que la prorogation de l'ancien abonnement ; par un vote exprès, l'assemblée chargea les procureurs du pays <( de r-upplier le roi " au sujet de l'augmentation réclamée - ».
Ce fut là le premier échec de l'intendant, et ce n'est pas le moins significatif, car il nous montre bien la nature des difli-
1. L'archevêque, notamment, s exprima ainsi : « Un magistral respectable secondera nos sollicitations. Les regrets dune province qu'il a quittée nous annoncent toutes nos espérances, nos yeux aperv<>ivfnt de loin les monuments honorables sur lesquels des citoyens soulagés par ses bienfaits cjnt gra\ é ses vertus et leur reconnaissance.» ■ — Journal des nouvelles du marquis d'Alhertus.