L. G\ iMiJAii', — Augel de Monh/on
cultes qui vont dorénavant signaler et attrister le séjour de Montyon en Provence ; à chaque instant, ce pays marquera nettement, ainsi qu'il vient de le faire, qu'il ne connaît d'autres administrateurs que les procureurs ; et à chaque instant, ceuxci s'interposeront entre l'intendant et la cour, et solliciteront les ministres, le Conseil, le roi lui-même, sans recourir aux offices de Montyon. De son côté, le ministère, plus avide, plus besogneux, plus fiscal que jamais, n'hésitera pas à négocier et à marchander directement avec les procureurs quand les grosses questions d'argent seront en jeu : les services de l'intendant ne seront requis qu'à propos de vétilles et de misères.
Voici, par exemple, les maire, assesseur, et échevins de Marseille qui ont décoré leur loge théâtrale d'un tapis aux armes de la ville. Grosse affaire 1 Marseille, « terre adjacente » et qui échappe à l'administration des procui^eurs, aurait-elle des velléités de rentrer dans le giron proveoçal et d y retrouver son indépendance ? On mande à l'intendant de s'en informer ; et, par deux fois, le 5 novembre 1771, et le 8 décembre delà même année, Montyon se voit obligé d'écrire aux échevins sur celte question d'héraldique ' .
\'oici, d'autre part, l'épopée d'un banc d'église "-. Le 21 février 177"2, le subdélégué à Antibes écrit à l'intendant :
Le banc destiné liour les officiers de justice de cette ville dans le sanctuaire de l'église paroissiale et qui se trouve vis-à-vis celui du lieutenantdu roi, est absolument hors de service. Un des magistrats faillit en dernier lieu sestropier. .. Le roi étant seigneur de cette ville et en cette qualité patron de Féglise paroissiale, est tenu de toutes les dépenses qui portent sur le sanctuaire de la dite église, et même à l'entretien de la sacristie.
Montyon prête à cette requête l'attention convenable et la transmet au ministère. Mais le ministère ne l'entend pas avec autant de simplicité ; il demande une évaluation de la dépense : on lui envoie le « Devis estimatif d'un banc bois de noyer à faire