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mes amis, m'ont, à diverses reprises, demandé d'essayer de faire pression sur lui à cet égard, se portant garants d'avance de son élection ; j’ essayai de répondre de mon mieux à la confiance qu’ils on bien ainsi me témoigner, mais ce fut en pure perte.
€ Ne croyez pas, me disait Choisy, que je méprise le moins du monde l’honneur d’appartenir à un corps tel que l’Institut ; mais si . vous saviez à quel point je jouis de mon indépendance depuis que je: suis à la retraite, vous comprendriez combien Je suis jaloux de n’en pas sacrifier la moindre parcelle en acceptant.une situation quelconque susceptible de me créer de nouveaux devoirs ».
. Et comme je lui objectais que les devoirs d’un, académicien se réduisent, somme toute, à bien peu de chose, il me répliquait plaisamment : « En êtes-vous bien sûr ? Je me connais, Voyez-vous ; j'ai toujours, et partout, été celui à qui incombe la chatge des rapports que les autres ne se soucient pas de faire. Je n’ai nulle envie d’entrer dans une compagnie, si honorable qu’elle soit, où Je pressens qu’il en serait encore pour moi tout de même ». .
Cette pensée lui était évidemment inspirée par le souvenir cuisant que lui avait laissé l'Exposition universelle de 1900, dont le Commissaire général Alfred Picard, son camarade “de-prometion à l'Ecole polytechnique, sachant toute son exceptionnelle valeur, avait, sans discrétion, mis ses multiples compétences à contribution pour la rédaction de trop nombreux rapports. Il va sans dire que ces rapports, étant donnés la conscience et le soin que Choisy apportait à tout ce qu'il faisait, ont pu être cités comme de véritables modèles. Mais le. souvenir de cette insipide corvée lui était resté sur le cœur, et il redoutait par dessus tout ce qui eût pu en amener pour lui le retour.
Donc, l’Institut, où l’on peut bien direique sa place était marquée d'avance, aura eu le regret de ne pouvoir compter Choisy parmi ses membres, mais cela n’empêchera pas le nom du savant ingénieur et archéologue de briller en belle place, dans le Panthéon des grands intellectuels français de notre temps, aux yeux de tous ceux qui se seront trouvés à même d'apprécier son œuvre magnifique.
Maurice d’Ocacxe de l’Academie des. Scrences.
Vannes. — Imprimerie Lafolye et J. de Lamarselle, 330-29
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