M. PoÎDSOt
246 DEUXIÈME PARTX£.
les divers préjugés inhérents k chaque spécialité, et dont les autres académiciens doivent spontanément être mieux préservés. C'est donc sur leur haute raison que je compte le plus ici pour rappeler convenablement l'harmonie rationneUe qui doit exister entre les fonctions à remplir et les conditions les plus propres à leur accomplissement. On doit, sans doute, toijyours désirer, surtout en un cas aussi capital, que le talent didactique ne soit pas, s'il est possible, séparé d'une vraie capacité d'invention ; mais, sous ce der<nier aspect, il est évident que les mémoires ne constituent point la seule garantie décisive. Tous ceux qui, mâme sans adopter mes principes, auroql imp^trtialement apprécié mes travaux, me rendront, je l'espère, la justice de reconnaître que la non-production de mémoires académiques ne tient nullement chez moi à la stérilité d'invention, mais à la direction inusitée que ma vocation caractéristique a dû imprimer h l'ensemble de mes propres recherches, dont les principaux résultats, quoique d'une autre nature, ne sont certainement, j'ose le dire, abstraction faite de leur réalité, ni moins originaux, ni moins difficiles, ni moins importants, que ceux qui se rattachent à la marche la plus suivie depuis deux siècles. Si, k raison même de son carac * tère, et surtout de sa nouveauté, ma direction philosophique m'interdit inévitablement presque toute participation aux divers encouragements, utiles ou honorifiques, que l'organisation actuelle prodigue très-justement aux recherches purement scientifiques, faut-il aussi me voir enlever, par suite de cette position exceptionnelle, jusqu'aux attributions qu'une teQe vie intellectuelle doit me rendre plus spécialement apte à remplir? Personne n'oserait l'admettre » 4 moins de regarder la philosophie des sciences comipe ne méritant, de la part des savants, aucune sorte d'encouragement quelconque et comme en devant être, au contraire, systématiquement repoussée ; ce qui certes n'est auUement
rintentioD de rAcadétnie, qui, en conséquence, empêchera, je l'espère, que le principe de la spécialité, abusivement détourné, à mon préjudice, de sa vraie destination rationnelle, ne soit ici érigé en maxime directement opposée au principe universel de l'aptitude, dont il ne doit évidemment constituer qu'un simple cas particulier, par la subordination constante du moyen au but.
« Je ne crois pas, en terminant, devoir excuser auprès de l'Académie l'étendue inusitée de la discussiop que je viens d'ébaucher, sauf le regret que j'éprouve de n'avoir pu l'indiquer sans confusion ^n termes plus concis. Car, des réflexions directement destinées à perfectionner, ^u profit de tous, une des plus importantes attributions actuelles de l'Académie, ont tout autant de droits, sans doute, à sa scrupuleuse sollicitude que les communications jourpalières qu'elle reçoit sur des points particuliers de doctrine. Le périlleux bopnepr d'avoir cette fois pour concurrent un académicien \ me fait d'ailleurs espérer que ma respectueuse remontrance obtiendra atyou^d'hui un surcroît spécial d'attention et même d'intérêt ; de manière à prévenir ou à dissiper des inquiétudes trop conformes à l'esprit critique de notre temps pour devoir être entièrement dédaignées. Au reste, quel que doive être le sort réel de cette nouvelle candidature^ je dois ici déclarer finalement que je ne renoncerai jamais à une chaire qui, depuis vingt-qqatre ans, fut, à mes yeux, un but constant d'efforts journaliers; l'expérience ayant désormais pleinement motivé cette juste obstination, en démontrant d'une manière irrécusable que mon aptitude effective correspond suffisamment à cette légitime anabition (Paris, 27 juillet \Hkû). »
Cette lettre ne fut pas accueillie par l'Académie. M. Comte, en l'imprimant, y joignit quelques roots où il se plaint du
refus qu'on fît de l'entendre : < Conformément au règle* ment formel de l'Académie des sciences, la lettre devait être lue intégralement à cette académie, dans la séance du lundi 3 août 1840, sur la demande spéciale d'un membre (H. de Blainville), qui en avait personnellement ga« ranti la convenance. Après la lecture des deux premiers alinéas, un académicien (M. Thénard) a demandé que cette lecture ne fût point continuée, et elle a été, en effet, supprimée par suite d'une délibération à laquelle la grande majorité de l'Académie 'parait être restée essentiellement étrangère. Dans l'intérêt de ma candidature, je crois donc , devoir aujourd'hui publier textuellement ma lettre, afin que les nombreux académiciens qui, n'ayant point participé à cet acte d'oppression, ne sont pas décidés à me condamner sans m'entendre, ne se trouvent pas ainsi privés d'une communication susceptible d'éclairer l'important jugement qu'ils doivent prochainement prononcer. Il faut aussi que le public impartial et éclairé, supérieur aux passions et aux préjugés des coteries scientifiques, puisse directement apprécier si aucune partie quelconque de ma lettre a réellement motivé une telle dérogation aux usages, aux règlements, et, j'ose le dire, aux devoirs académiques, surtout en un cas où, me trouvant en concurrence avec un membre de cette académie, je devais, ce me semble, davantage espérer qu'une respectueuse discussion ne m'y serait pas violemment interdite. Cette mesure exceptionnelle paraîtra maintenant d'autant plus étrange que, dans une question identique, une lettre essentiellement semblable, soit pour le fond, soit pour la forme, que j'avais adressée à l'Académie le 19 septembre 1836, y avait été, sur la demande de l'illustre Dulong, lue entièrement, à la satisfaction générale de l'Académie et du public, comme le témoignèrent alors spontanément les comptes-rendus des principaux journaux; quoique je n'eusse point fait encore , à
TÊcoIe polytechnique , les leçons de haute mathématique qui constituent aujourd'hui mon titre le plus décisif à la chaire que je réclame (Paris, 4 août 1840). » Gela prouve que, de 1836 à 1840, les hostilités instinctives qui s'élevaient contre M. Comte à mesure que sa philosophie se développait, avaient beaucoup grandi.
ir. de Blainville fut, comme on vient de le voir, le seul qui défendit la cause de M. Comte. M. Poinsot l'abandonna. « M. Poinsot, dit M. Comte (Cours de philosophie posUive^ t. YI, p. 481, en note), qui, entre les géomètres français, est aâ^urément le moins éloigné du véritable état philosophique, n'osa point, en ce cas décisif, appuyer de sa juste autorité la voix indépendante de son énergique collègue, afin d'épargner à sa corporation l'inévitable réprobation publique qui s'attache à toute iniquité constatée. Outre que cet illustre savant était personnellement convaincu de la supériorité de mes droits, il m'avait expressément écrit qu'il soutiendrait, en cas de contestation, la lecture officielle de ma lettre, dont il avait eu préalablement connaissance. >
Plus heureux auprès des élèves, que touchait seule l'excellence de l'enseignement, qu'auprès des corps constitués, il reçut d'eux, de nouveau, un témoignage éclatant que M. Barrai, si connu par ses travaux en chimie et par son édition des Œuvres d'Arago, raconte dans cette lettre à moi adressée : « Voici les faits dont j'ai conservé le souvenir et qui sont relatifs à la démonstration des élèves de l'École polytechnique en faveur de M. Comte en 1840. J'appartenais alors à la division des anciens. La place de professeur d'analyse était devenue vacante dans la division de nos conscrits. Nous fûmes très-émus d'apprendre que M. Comte, qui était notre répétiteur titulaire, rencontrait une grande opposition dans les Conseils d'instruction et de perfectionnementy et que peut-être il ne serait pas désigné au gou-
yernement pour occuper une chaire à laquelle il nous paraissait avoir d'autant plus de droits qu'ayant professé par intérim, il s'était tiré d'affaire avec un succès tout à fait hors ligne. Nous résolûmes de désigner quelques^ns d'entre nqus pour aller, en notre nom et deuf par deux, chez les principaux membres des Conseils* Les démarches eurent lieu le dimanche suivant. Tout cela ^ été spontané de notre part. M. Comîe nti 1^ sut que plusf tard. Les réponses recueillies par nos camarades furent loin d^étre satisfaisantes ; généralement elles furent évftsiyes; quelques-i^is répondirent qu'ils tiendraient compte du vœu des élèves ; d'autreSt qu'il ne suf^sait paSi pour être profipsseur à l'école, de fairQ un enseignement remarquable, qu'il fallait surtout être eu comu)uniQn d'idées avec les autres géofnètres. M, Cpmtene fut pas uommé ; et alors nqus avpns élu une nouvelle d^T putalion pour aller lui témoîguer nos pfofoods regrets el uotre admiration (P^ris, 14 avril 1863). »
M. Cornu n'était pas en (somn^union (f idées avec le^ wtrcf géomètres; c'est M. B^rr^ qui le dit de ^Quy^nir; et ce ^o^T venir est parfaitement exact. M, Comte n'était pase^ cçmmur njon d'idées avec Cf^x^ c'est-à-dire qu'en vejrtu du point élevé où 1^ philosophie l'avait porté, i} envisageait tput autrer mept, m\ l'enseignement des mathématiques, soît le rang qu'elles devaient tenir d^ns Tordre scientifique- Et cepei^dant c'était 4^3 géoipètres qu'il dépendait; ^us^i ne am^quèrent-ils pas de \e lui faire sentir, ici ep yotapt pour «q autre, un peu peu plus tard en l'évinçant.
Pendant que M. Comte poursuivait ainsi sa carrière dans l'enseignement, il n'était ni indifférent ni tout à fait étranger aux événeipents politiques. Sur la fin de s^ vie, il accablait de ses plus âpres colères l'école révolutionnaire, et toutes ses syuipathies s'étaient tournées vers l'école conservatrice; sans que je puisse, même h présent, me rendre bien cofpp^ des motifs gui 1q pou^rept à prepdre
POSITION MATéRI6U.E. S51
cette attitude, lui qui, ayant cessé d'être révolutionnaire on conservateur, avait si bien dit jadis que la philosophie positive était une spectatrice neutre, non pas indifférente, des luttes des partis i et chargée de leur offrir les transactions provisoires et Tunité finale. Quoi qu'il en soit, à la période de sa vie qui nous occupe, ses sympathies étaient inverses, elles appartenaient à l'école révolutionnaire, bien qu'il notât toujours qu'il s'en séparait doctrinalement. La révolution de juillet fut accueillie par lui comme un heureux événement, et il fit partie du comité permanent de l'Association polytechnique, dont les tendances avancées, comme on disait alors, n'étaient pas douteuses. Des troubles agitèrentles premiers mois du règne de Louis-Philippe. De ces troubles, précurseurs de plus graves encore, le plu^ menaçant fut celui qui accompagna le procès des ministres du roi déchu. On savait que la Chambre des pairs ne lei condamnerait pas à la peine de mort. Il était facile d'exciter le$ passions contre ceux dont le coup d'Ëtat tenté Qt manqué venait d'ensanglanter les rue# de Paris. Aussi fut-ce le prétexte, non la cause, d'une émeute où se groupèrent tou4 les mécontentements suscités par la marche du nouveau règne. Ace moment, où tout Paris prenait parti pour ou contre, le Comité de l'association polytechnique intervint pour sa part et s'adressa au roi, Cette adresse fut rédigée par Auguste Comte. Je p'ai pu m'en procurer le texte; j'ai entendu dire à Mme Pomte qu'il s'y trouvait cette phrase : « Sire, il n'y a de dangereux que les coups d*Ëtat rétrogrades ; les coups d'État progressifs ne sauraient jamais l'être. »
Cinq ans plus tard, en 1835, M. Comte est encore du même côté. Les insurrections de Lyon et de Paris avaient amené la mise en jugement d'un grand nombre de personnes. La Chamt>re des pairs était chargée de cet immense procès connu sous le noin de procès d'avril. Les accusés
avaient pris des défenseurs dans les rangs de leurs amis politiques; et H. Armand Marrast, alors rédacteur de la Tribune j journal insurrectionnel, plus tard rédacteur du National^ et plus tard encore maire de Paris et président de l'Assemblée constituante, avait choisi M. Comte et Armand Carrel. M. Comte, bien qu'il fût dès lors répétiteur à l'École polytechnique et que cela compromît une position qui lui était si nécessaire, n'hésita pas à accepter le dangereux honneur qu'on lui faisait. C'est ce qu'il faut dire à sa louange.
La situation politique n'était guère moins grave, quand, auparavant, peu après 1830 , M. Comte refusa de faire partie de la garde nationale. Cite devant le conseil de discipline, il fut condamné, bien entendu ; mais il se défendit et exposa ses raisons : « La loi , dit-il , porte que la garde nationale est instituée pour défendre le gouvernement que la France s'est donné. S'il s'était agi uniquement de maintenir l'ordre, je n'aurais pas refusé de prendre part aux charges que cette loi impose ; mais je refuse de prendre ' part à des luttes purement politiques. Je n'attaquerai jamais à main armée le gouvernement. Mais, étant républicain de cœur et d'esprit, je ne puis prêter le serment de défendre, au péril de ma vie et de celle des autres, un gouvernement que je combattrais si j'étais un homme d'action. > De telles paroles pouvaient, à la fin de ses trois jours de prison (ce fut la peine prononcée contre lui), le mener en cour royale. Mais on recula sans doute devant la publicité d'un tel plaidoyer. Le fait est qu'on le laissa tranquille. Après le jugement , un garde municipal vint demander son jour et son heure au condamné. M. Comte donna l'un et l'autre, et fît ses préparatifs pour être exact au rendezvous. Il se munit de beaucoup de papier, de beaucoup d'encre , de beaucoup de cire à cachetel* , de beaucoup de livres (poètes et romanciers) , enfin de tout , comme s'il eût
POSITION BiATÉRIELLE. 253
dû y rester trois mois. Ses élèves furent prévenus que la leçon se prendrait dans la prison, et ils vinrent Yj prendre. Sa femme dut y aller, et elle y alla. Bref, M. Comte ne quitta son chez lui qu'après s'en être assuré un autre. M. Comte étant parti, Mme Comte, restée seule, se représentait, non sans inquiétude et sans humeur, combien tout changement dans les habitudes de la vie déplaisait à son mari, quand on sonna. C'était le bon et honnête garde qui lui apportait un laisser-passer, afin qu'elle n'eût pas la peine de l'aller chercher elle-même, et qui disait être moins peiné d'exécuter ses ordres contre des récalcitrants que contre un homme qui s'exécutait lui-même de si bonne grâce. La vérité est que M. Comte trouva qu'on le dérangeait quand on le mit à la porte au bout des trois jours. Pourtant, une fois rentré, il ne regretta pas Thospitalité que le roi venait de lui donner.
Une fermeté inébranlable dans ses entrepi ises philosophiques et un grand désintéressement étaient l'apanage du caractère de M. Comte. Le Comité de l'Association polytecli* nique, auquel il appartenait, avait entrepris, en 1830, de &ire des cours populaires sur difTérents sujets scientifiques. M. Comte se chargea de Tastronomie. Pendant dix-sept années consécutives, de 1831 à. 1848, il fit le cours gratuitement à la mairie de ce qui était alors le troisième arrondissement de Paris, consacrant à cet enseignement plusieurs heures de chaque dimanche de l'année scolaire. Le gouvernement avait accordé l'autorisation, le maire accordait la salle; ni l'une ni l'autre ne furent retirées, malgré les hardiesses croissantes de M. Comte. En efiet, l'exposi* tion didactique était précédée de considérations qui, occupant un certain nombre des premières leçons, avaient pour objet d'indiquer quelle était la portée du cours et comment il liait l'esprit positif d'une science particulière à l'ensemble de l'esprit positif dont H. Comte inaugurait l'avéne-
S54 DEtJJCIÈltfi PÂRtîE.
itient. C'est ainsi qu'est né le DUtaurs sur V^sprit positifs qui sertit de préambule au cours de 1844< En deux occasions seulement, radministration lui fit sentir son action. Il eut ridée de transformer son cours d'astronomie en un cours de philosophie positive ; il lui fut prescrit de ne rien changer aux conditions de l'autorisation primitive. Dans l'autre circonstance , il se laissa emporter à des paroles d'ironie en ce qui regarde l'état religieux du temps présent. Les journaux religieux l'attaquèrent vivement, demandant que la permission de professer lui fQt retirée. Le ministre de l'instruction publique envoya un inspecteur pour assister à quelques leçons;, le rapport de cet inspecteur , qui était M. Isidore Geoffroy-Salnt-Hilairé, fUt favorable à M. Comte.
Mais 9 l'an suivant, M. Comte se préparait à être encore plus agressif et plus tranchant , comme on le voit par ce fragment d'une lettre à sa femme. « Vous savez que , l'an dernier, les journaux religieux ont osé demander ma destitution pour avoir annoncé la nécessité et la possibilité d'établir la morale sur des bases réelles , indépendantes de toute croyance théologique. Avec mon caractère, vous devinez aisément que je vais, cette année , insister beaucoup plus fortement sur ce sujet, et traiter formellement la question qui n'était alors qu'accessoirement abordée.... L'an dernier, le ministre a été forcé par eux d'envoyer surveiller mon cours, et il n'en est résulté qu'un rapport extrêmement favorable sur la nature et la direction de mon ensei« gnement (3 décembre 1848). i»
De pareilles dispositions inquiétèrent Mme Comte. Bile écrivit à son mari pour l'engager à ne point échanger une discussion toijyours sérieuse contre une discussion légère et d'ironie, dans laquelle elle lui exprimait qu il avait montré beaucoup d'esprit; mais, ajoutait-elle, son enseignement ne comportait pas ce genre de succès, et il avait donné prise sur lui par la forme. M. Comte remercia sa femme de ses
POStTlON MÀTémELLE. 255
avis et y fit droit. « Je Vous retnërciè de Vos Justes observations ' in sujet dé l*ouveHure de motl cours. Comme je m'y croyais Jus(}tiMci presque en famille, Je m'y laissais un peu trop aller à une sorte de familiarité incisive. Mais Texpérience de Tan derhièr m'a fait sentit* la nécessité d'y contenir désormais les malveillants par une discussion toujoiirs sérieuse et digne, qtii aura d'ailleurs , Je vous le garantis, toute la fbi^thëté désirable. Au teste, Je ne crois point y ivoii* & crairldre là sUrVelUaiiee émanée du ministre de l'insituetloti publiqtlë^, Surtout si, comme l'an passé, il envoie « M. Isidore (Seoffroy-Saint-flildirë.... Vous savez d'ailleurs que la considération des suites persontielles ne m'arrêtera jàm^lis. Maiâ, dans ce cas, Je ne pen^ë pas qu'elles soient sérieusetnent à craindre, à moins de coalition eotre les prétirs et les géomètres ^ coticert bizarre, qui ne serait pas impossible Contre moi, quoique peu probable encore, et que j^ai tnéme, si vous vous rappelez, signalé par anticipation dans taia préface (Paris, 18 décembre 1842). »
De la sorte, gt&ce à sa fermeté , qui ne se laissait point intimider; gr&ce aussi à la confiance où il était que le milieu français pemiettait, sous certaines conditions, la plénitude de la liberté d'exposition ; grftce enfin à son désintéressement, qui lui fciisait donnet* tant d'heures noh rémunérées à une œuvre populaire, la mairie d'un des plus populeux arrondissements de Paris entendit, chaque année, un simple particulier <\\ï\ ne tenait sa mission que de lui-même, un philosophe qiii se faisait un devoir de parler en public sans réticence, déduire les vérités positives et les mettre dans leur conflit naturel avec les conceptions théologiques et métaphysiques.
1. H. et Mme Comte étaient séparés depuis le 2 Août 1S42. Hais il y avait ta^iftoiitâ entre eui nne oorrespondanoe fort iatima. t. C'était alors M. VUlemain.