‹ Auguste Comte et la philosophie positive (volume 2)Chapitre 40 sur 83 · Ce mémoire, et c*est dommage, ne fût jamais composé · texte numérisé non relu

Ce mémoire, et c*est dommage, ne fût jamais composé

PROCÈS AVRC M. BAGRBLIER. 3tT

mai ou en juin; mais, en tout cas, je ne le livrerai à Tiin^ primeur qu'après ma réélection oomme eiarainateur. Quoique je n'aie réellement aucune inquiétude sérieuse sur Tissue finale de ces divers eenfltts, j'ai dû cependant, peur que mon oourage atteigne cet état de calme qui peut seul le rendre durable' et efficace, envisager de sang^froid la perspective la plus funeste, malgré son extrême invraisemblance. Or, je n'ai pas tardé à sentir que, quand même je perdrais entièrement ma double position polytechnique, je trouverais bientôt, dans l'enseignement privé, une large compensation ^ au point d'estime universelle que j'ai déjà atteint et qi|i ne pourrait que s'accroître beaucoup d'après une telle iniquité. Ainsi comptes que je suis prêt à tout, s'il le faut. >

Le jour du procès arriva; M. Comte y plaida lui-même sa cause comme il l'avait annoncé. Le tout est raconté par lui dans cette lettre écrite, le 17 décembre 184S, à Mme Comte, qui, d'ailleurs, avait assisté au procès.

« Le jugement de mon prooès a été ajourné , non à huitaine, mais h quinzaine, c'est-à-dire au jeudi 29, où je m'y retrouverai à midi et demi pour entendre la décision et déclarer, s'il y a lieu, mon intention d'en appeler à la Cour royale. Toutefois la discussion n'est pas encore terminée ; il n'y a de dos que les débats publics qu'on a voulu abréger, et même, comme vous l'avez vu avant-hier, étoufier le plus possible. Mais, avant le Sd, je dois être convoqué dans le cabinet du président, et là je ferai spécialement ressortir les faussetés matérielles et les contradietions flagrantes par lesquelles, malgré sa réputation d'habileté, M. Durmont m'a donné si beau jeu, et que je me disposais à apprécier jeudi si on avait voulu entendre la réplique. Dans cette discusaieB secrète, d'où toute la partie irritante eu sujet se trouvera naturellement écartée d'avance , pour ne plus porter que sur la question commerciale , je m'attends à un

tout autre accueil. M. Bordeaux', qui du reste ne m'a servi à rien, ne regarde pas du tout le procès comme perdu.... je suis porté à penser que, d'après Tensemble des débats, le traité sera résilié. Quant au carton, la suppression ne saurait souffrir aucune difficulté; et quant aux dommages intérêts, maintenant qu'ils m*ont servi à forcer à la discussion publique, je n'y dois plus tenir que pour les pauvres.

c Je suis, en masse, bien plus content que fâché de la bataille d'avant-hier. Si j'avais eu en vue de m'y faire une réputation d'orateur, je regretterais vivement des déreloppements intéressants et incisifs que j'avais préparés et qui ont été si impitoyablement sabrés par l'opposition simultanée du président et de l'adversaire. Mais, au fond, j'ai atteint mon but principal autant que pouvait me le permettre une telle bagarre. J*ai pu en dire assez pour constater nettement aux yeux de tous, ennemis ou amis , mon insurmontable énergie , et c'était là l'essentiel. £n même temps, j'ai été assez interrompu et mutilé pour qu'on puisse mettre sur le compte des obstacles oppressifs TinsufBsance de preuves envers plusieurs de mes assertions. M. Lenoir a dû vous dire que tout ce double tumulte ne m'avait pas fait altérer le moins du monde mon plan et en avait seulement étranglé le développement. J'ai franchi les marches huit à huit, mais sans jamais quitter ma rampe. Je n'ai pas eu tout le calme que j'eusse désiré, mais c'était bien difficile en un tel conflit de malveillants; je ne me suis pas emporté une seule fois contre le tribunal, et c'était là l'important.... Le président a, du reste, mal agi envers moi comme homme ; je lui avais écrit six jours d'avance, en lui envoyant mon volume pour mieux apprécier le cas, et je lui demandais directement trois quarts d'heure de paisible discussion , en

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