‹ Auguste Comte et la philosophie positive (volume 2)Chapitre 6 sur 83 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

eu lieu au sujet de M. Comte, ceux qui ne veulent pas aller au fond des questions philosophiques , ou qui les résolvent conformément à une philosophie toute différente , se sont uniquement attaqués à ces conséquences que je conteste moi aussi, et, groupant avec une facile adresse ce qu'elles contiennent de plus étrange, ils ont dit au public : « Jugez de l'arbre par les fruits, de la doctrine par les résultats, et ne prenez pas la peine de remonter à des principes si clairement condamnés par leurs conséquences. » Tant que le débat est circonscrit en dételles limites, la réponse n'est pas facile; et la philosophie positive paraît chargée, puisque c'est M. Comte lui-même qui l'en a chargée , de la responsabilité de conceptions que rejette la raison commune. Mais il ne faut pas laisser plus longtemps son triomphe prétendu à cette argumentation; elle repose sur une supposition qui est feusse, à savoir, que les doctrines del^L politique positive soient la déduction effective de \9l philosophie positive. Ces doctrines, loin d'en être déduites, la contredisent souvent; et il est possible d'éliminer ce qu'elles contiennent d'erroné sans porter la moindre atteinte aux fondements. Non qu'à mon avis le succès de la philosophie positive ne soufh*e pas de la confusion ainsi produite, et que les progrès naturels n'en aient pas été diminués par le partage entre deux directions dont la contradiction implicite, saisie avidement par le vulgaire des raisonneurs, pèse gravement sur les intelligences les mieux disposées au régime positif.

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