‹ Auguste Comte et la philosophie positive (volume 2)Chapitre 7 sur 83 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

En tout cas^ quand cette contradiction est dissipée, on Yoit qu'elle est un malheur d'un grand esprit, mais non le malheur de la doctrine.

En écrivant la biographie de M. Comte, j ai été nécessairement conduit à rechercher l'historique de la philosophie positive^ c'est-à-dire par quelles racines elle tient au passé qui Ta précédée immédiatement. Cette histoire n'a jamais été faite ; les débats se sont toujours arrêtés à Saint-Simon. Or, après mes investigations, il sera certain qu'il faut remonter plus haut^ et que, du moins pour les théories historiques^ portion essentielle de la philosophie positive, M. Comte a pour prédécesseurs deux des plus éminents esprits et des plus profonds penseurs du dixhuitième siècle, Turgot et Kant. Avoir été ainsi précédé ne diminue rien de la gloire de celui qui fut le fondateur définitif, et ajoute grandement à la solidité de la doctrine fondée. Toute doctrine digne de s'emparer de lavenir est filiation. La conception germait chez les hommes qui, philosophiquement, étaient le plus en avance sur leur époque , et elle parvint à pleine maturité dans l'esprit de M. Comte, qui, comme eux, derançait son époque; seulement chez lui, par le progrès de toute chose, elle était montée à un niveau supérieur ; c'est pourquoi eux furent des précurseurs , et lui fut le créateur et le maître de la doctrine.

Un novateur n'a rien à espérer, en thèse générale^ de la société au milieu de laquelle et pour laquelle il

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