‹ Auguste Comte et la philosophie positiveChapitre 5 sur 68 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

travaille : il souffre pendant sa vie; il souffre encore après sa mort. Les oreilles sont fermées, ou du moins ne sont pas attentives. On ne l'écoute pas, ou , si on Técoute, on lui en veut de 1 ébranlement qu'il communique à tout ce quil touche. Peu, très-peu d'hommes^ dont Tesprit est congénère au novateur et à sa doctrine y commencent à se joindre à lui et à créer à Tentour une sorte d'école. Tel fut le sort de M. Comte : isolement, mauvais vouloir, petite école ; école pourtant plus petite en apparence qu'en réalité ; 'car il est certain que la pensée de M. Comte n'est pas restée sans influence sur la pensée contemporaine, et a jeté, parmi les hommes, des notions qui seront des marchepieds pour une action ultérieure et plus grande.

Celui qui voudra saisir le nœud de la vie de M. Comte verra que ce nœud est dans la vocation irrésistible qui l'entraînait vers la philosophie positive, et dans son inhabileté, sa répugnance même à se procurer un gagne-pain qui lui tînt lieu d'un avoir personnel. Lui-même, dans une lettre de sa jeunesse à M. 6. d'Eichthal , où il se plaint de sa gêne, confesse naïvement qu'il est plus propre à faire partie d'un pouvoir spirituel tout constitué qu'à se créer des ressources au milieu d'une société qui n'a rien de prêt pour des philosophes ni acceptés ni classés. Un plus habile que lui, ou, pour mieux dire, un homme moins résolu à sacrifier tout à son œuvre, aurait d'abord fait sa position, conquis dans TAcadé-

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